ss - Ecole militaire d'infanterie cherchell - 1942 - 1962

CONDITIONS ET CADRE DE VIE

La caserne Dubourdieu

Fondée fin 1942 dans la nécessité urgente de former rapidement des chefs de section, la première École, celle des cinq promotions de la guerre s’installa dans la pénurie voire l’indigence. Les locaux de la vieille caserne de tirailleurs datant du XIXe siècle n’offraient qu’un confort très insuffisant. Et les effectifs des fortes promotions, surtout la cinquième, firent que les conditions d’hébergement furent très difficiles. (Voir Eric Labayle « L’École des élèves-aspirants de Cherchell-Médiouna » pages 91 et 92)
Après la guerre, malgré quelques améliorations, notamment les sanitaires, l’hébergement à Dubourdieu était encore dépourvu de confort.

A gauche : Peloton 705, été 1957, Caserne "Dubourdieu", une chambrée, repos après l'effort   
 A droite :Peloton 904 Jeanguyot, Villaume couché, Claude Rosier

Remarquez  l'éxiguîté des lieux : au chevet des lits, chacun a sa petite valise; pour y accéder, il faut que l'un sorte pour 
que l'autre puisse atteindre ses affaires. Il n'y a pas d'armoire. Les sacs sont entassés sur une planche au-dessus de la porte.  

Les punaises ne figurent pas dans les dix plaies qui frappèrent l’Egypte mais elles ont été une plaie récurrente de la « vieille » caserne de Cherchell et de certains bâtiments annexes. Les premières victimes furent les élèves des premières promotions. Malgré les mesures prises, passage des châlits à la lampe à souder, désinfection des chambrées au crésyl, les insectes ne furent jamais éradiqués. Eric Labayle dans son livre « L’École des élèves-aspirants de Cherchell-Médiouna », pages 97 et 98 relate cette lutte incessante contre ces parasites qui infestaient de nombreuses casernes en Afrique du Nord. « Dans l’incapacité de résoudre définitivement le problème, le commandement vidait périodiquement les chambrées et les condamnait vingt quatre heures pour y bruler du soufre. La mesure ne s’est jamais avérée très efficace, puisque les punaises faisaient leur réapparition en force quelques jours seulement après la désinffection.Un élève parvint même, chiffre éloquent, à en tuer 125 dans son lit, en une seule journée ! Nichées on ne sait où, les hôtes des chambrées se laissaient tomber du plafond, le soir venu, sur les élèves endormis, ce qui leur valut le surnom presque familier de « punaises parachutistes ». … « De guerre lasse, certains préférèrent à nouveau s’en aller dormir à l’extérieur des chambrées, quitte à subir les assauts des moustiques ». En août 1954 il y eu une nouvelle invasion de punaises dans les chambres de la 4ème section du peloton EOR. Depuis quelques jours les élèves étaient porteurs de grosses cloques rouges étant dévorés par ces bestioles dont la piqûre est très douloureuse, bien plus que celle des puces. Après leur évacuation vers d’autres chambres les lits ont été passés au chalumeau et de l’insecticide a été vaporisé. Mais loin d’être vaincus les hétéroptères sont revenus en force et plus agressifs que jamais. Dans la première semaine de septembre 1954 les élèves durent passer deux nuits sous la tente car il fallut employer les grands moyens. Des infirmiers de l’hôpital Maillot étaient arrivés avec un appareil à moteur pulvérisant de l’insecticide. Pour que celui-ci soit tout à fait efficace toutes les fenêtres devaient être fermées. D’ou l’obligation de déménager quatre compagnies au terrain « Jouvain », une parcelle de terrain militaire à deux cents mètres de l’Ecole Les punaises ont donc remporté une victoire, puisque l’École a du battre en retraite. Mais c’était une retraite stratégique,la guerre allait-elle être gagnée ? Eh bien, non. En effet, Jacques Oudin du peloton 006, promotion « Aspirant Mekerta » (1960) a écrit : « Pour ceux qui ont connu la fameuse caserne Dubourdieu ils doivent se rappeler des fameuses punaises qui nous suçaient le sang même en se baladant dans le DDT ! Le spectacle de fin de promo avait d'ailleurs été basé sur les méfaits de ces bestioles dont j'ai encore l'odeur dans les narines !!! »

A gauche : Peloton 904 : Un EOR balaye, Langevin et Itty fument. A côté de la fenêtre, le ratelier pour quatre MAS 36, sur le mur 4 casiers à linge et la penderie pour les capotes. Même disposition de l'autre côté et aussi de chaque côté de la porte.
A droite :Peloton 16, Fenêtre pavoisée par du linge à Dubourdieu
Peloton 804 : Une des chambres de la 3e sect Peloton 12 Chambre 47 Peloton 801 : Table de Bridge et table de Belotte Peloton 904 : Antoine Itty à sa correspondance A Dubourdieu, les tables des chambrées étaient à usages multiples : Jeux de cartes, correspondance, révision des manuels d'instruction, repassage etc. Illustration d'une lettre aux parents

Les nouveaux bâtiments


Les nouveaux bâtiments qui commencèrent à être livrés en 1956 améliorèrent temporairement la situation

"Si les quatre premières compagnies devaient s’accommoder de l’inconfort des chambrées de la Vieille École, la 5ème compagnie—à laquelle je fus affecté— et la 6ème — à laquelle fut affecté Philippe— jouissaient d’un confort alors inhabituel dans une caserne française. De part et d’autre d’un long couloir dont le dallage, régulièrement lavé, sonnait sous les talons, les sections se partageaient, au premier et au second étage, des chambres aux murs ripolinés, largement ouvertes sur la lumière extérieure par des baies vitrées garnies de brise-soleil et de stores de bois. Deux rangées de quatre ou cinq lits, avec draps, traversin et matelas de laine, s’y faisaient face, séparées par une large allée où était installée une table de bois verni. Chacun y disposait d’une chaise ainsi que d’une armoire et de deux casiers métalliques peints en vert. Dans un coin, on enfermait au cadenas les armes individuelles dans un placard dont le chef de chambre gardait précieusement la clé. A l’une des extrémités du couloir, à droite et à gauche de la cage d'escalier, s’ouvrait le “bloc hygiène”, avec ses W.C. à chasse d’eau dont il fallait régulièrement récurer les cuvettes émaillées et deux buanderies où l’on disposait de bacs à laver et d’une table de repassage en granito, buanderies qui débouchaient chacune sur un séchoir extérieur. A l’autre extrémité, une série de robinets chromés s’alignaient au-dessus de plusieurs auges de fonte émaillée, dans une pièce sonore qu’une cloison séparait de cabines de douches froides, fort appréciées pendant la canicule. On ne disposait qu’au rez-de-chaussée d’eau chaude pour les douches, communes aux deux compagnies et auxquelles on n’avait accès qu’une ou deux fois la semaine".

Jean Mourot SOUS LES DRAPEAUX DE DEUX RÉPUBLIQUES (Extrait de À Cherchell avec ceux de la 803)

Les fermes

Lorsqu’en 1959 l’École reçut la mission de former tous les EOR, y compris ceux instruits auparavant à Saint-Maixent, se posa à nouveau le problème de l’hébergement. D’autant plus que les nécessités de la guerre d’Algérie firent que l’École redevint ce qu’elle fut pendant la 2e guerre mondiale, une « usine à fabriquer des sous-lieutenants et des aspirants » (Alain-Michel Zeller). Tous les deux mois, l’École recevait une promotion d’EOR formant un Bataillon de trois ou quatre Compagnies. Le problème fut résolu par l’achat ou la location de trois fermes (Brincourt, Tripier, Faizant) permettant de loger un Bataillon EOR. Le côté positif de cette solution fut qu’elle permit de parfaire l’instruction des élèves dans un poste en zone d’insécurité, avec les problèmes inhérents au service en campagne et les plaçant dans les conditions de vie qui seraient les leurs à l’issue de leur stage. « A partir de novembre 1959, l’École a instruit chaque année 2600 sous-lieutenants ou aspirants constituant les 8/10e des chefs de section d’Infanterie encadrant les Unités opérationnelles d’Algérie où ils maintinrent la tradition d’honneur et de valeur militaire de leurs anciens ».(d'après de Césarée à Cherchell).

Devant la Casemate de la ferme Tripier Peloton 806 Peloton 203 Peloton 804 : Ferme Brincourt

A gauche : Corvée de pluches Evrard et Chambard. A droire : Rédigeant le menu: Jean Marie Joly éminçant les oignons Jean Marc Cromb Brincourt Palace Peloton 001 Colonel Jeanpierre, Noël 1959, ferme Brincourt, de face, 1er plan Morera Pierre MPLF 05 10 1960, à gauche de dos ,Thomas séminariste( a choisi la Légion), face à Morera : Paul Favre-Miville (8e RPIMa à la sortie de Cherchell) Vocation monastique en 1984, rejoint Tibéhirine en 1989, enlevé en mars 1996 et exécuté avec les six autres moines trappistes A droite, de face, un verre à la main : EOR Reinle Jean-Louis ( 11e Choc) Peloton 205 Les derniers de Cherchell, 1962 A Brincourt, de D à G, de Angelis, Hisiger, Bouchardon, Riguet, Brenot et X.
Peloton 201 Vosges Alsace. Méchoui
Peloton 005 Koufra EOR N'Doye et Truchi, méchoui de fin de séjour
Peloton 106 Croix de la valeur miltaire, 1961 Repas de fin de promo, Sous-lts Maurice Zlotowski, Jean-Claude Tate, Jean-Pierre Zimmermann, Yves Delannoy Peloton 202 1961-62 Capitaine de Cathelineau Repas de Fête. Peloton 202 1961-62 Capitaine de Cathelineau. Tambouille

Farces et drôleries


Discipline, entraînements et exercices éprouvants, rallyes, revues, examens, l’EOR était soumis à une tension constante d’où le besoin de décompresser par des blagues de potaches.

L’attentat fictif

Nous avions tous un peu plus de vingt et un ans et, curieusement, malgré les évènements et un entraînement intense, nous n’avions pas grand mal à retrouver un esprit gamin et parfois un peu anarchisant dans les limites vite atteintes d’un règlement qui rappelait à tout moment que « la discipline fait la principale force des armées ».
Je n’étais donc pas le dernier, probablement par tempérament, à imaginer des plaisanteries ou des facéties d’ailleurs diversement appréciées. C’est ainsi qu’un samedi alors qu’exceptionnellement nous avait été allouée une après-midi de repos que la plupart utilisait à faire la sieste, du courrier ou la lessive, je mis au point un exercice qui n’entrait pas précisément dans le cadre de notre enseignement général mais en était une application quelque peu déviante…
Nos chambrées comportaient une dizaine de châlits à deux étages et la densité humaine y était donc importante. La couche, chez le militaire et le prisonnier, semble être le dernier espace de liberté, une sorte de no man’s land personnel. On y dort bien sûr, chez le bidasse en ronflant très fort, on y écrit, on y rêvasse ou bien encore, surtout si on occupe l’étage supérieur on peut lancer de ce perchoir des « vannes » plus ou moins obligeantes à certains, ponctuées par le rire gras des autres en écho !
Comme il régnait un certain antagonisme avec la chambre opposée, de l’autre côté du couloir, j’avais conçu un attentat fictif que je décidai de réaliser précisément en ce samedi de « bulle ».Ayant acheté à l’épicier arabe une grosse pastèque verte à chair rouge truffée de pépins noirs, j’y adaptai un bouchon allumeur de grenade à plâtre d’exercice en constituant un bandage solidaire avec la cucurbitacée bien mûre.
bien connu des joueurs de bowling je lançai mon projectile du milieu de la pièce en dégoupillant le bouchon allumeur et j’éructai avec un fort accent arabe : « grinââde » tout en m’éclipsant aussi vite que j’étais entré. L’effet de surprise fut absolu et peut-être encore plus car un énorme ventilateur brassait l’air tiède de la chambrée et démultiplia encore plus l’effet ravageur et éclabousseur de ma machine infernale.
Cela évidemment n’arrangea pas la qualité de nos relations avec nos vis-à-vis qui appliquèrent par la suite la loi du talion.

L’hommage des valeureux biffins

Le 11 novembre 1959 nous donna l’occasion de défiler en ordre serré dans les rues de Cherchell mettant ainsi en application les cours de la même appellation enseignant au fantassin les joies de la marche au pas cadencé. Notre défilé empruntait un parcours relativement court, passait devant les autorités en place devant l’Hôtel Césarée et continuait pour s’achever vers la porte de Ténès.
J’avais imaginé une facétie dont j’avais fait part à l’ensemble de ma section qui avait trouvé l’idée recevable et je l’avais fait adopter à l’ensemble de la compagnie, sans fuites vers nos supérieurs. Il s’agissait, arrivés à la hauteur de la maison close, qui se dénommait Chez Zizi, largement ouverte ce jour sur le trottoir qu’occupaient ses hôtesses, si je puis utiliser cette métaphore, il s’agissait donc, sur mon commandement, de faire un « tête ! droite ! » qui était en quelque sorte l’hommage des valeureux biffins aux laborieuses hétaïres.
Ce qui fut décidé fut fait et je pense que ce fut la seule fois dans ma carrière militaire que je donnais ordre aussi impeccablement exécuté ! Les retombées, collectives mais assumées, durent se solder par quelques parcours du combattant en prime et autres « pompes » où la vie de château était évoquée.
Cela n’améliorait évidemment pas mes chances d’obtenir un brillant rang de sortie.

L’adjudant n’était pas sensible à la fantaisie

Une dernière foucade allait me faire rejoindre le gros du peloton des aspirants. Tous les matins quand nous étions à la caserne Dubourdieu avait lieu la rituelle inspection des chambrées. Tout devait être rangé, couvertures et « sac à viande » pliés au carré sur le châlit ; c’est cette dernière prescription exécutée sommairement qui me fut reprochée par l’adjudant de semaine peu enclin à la fantaisie.
Je lui rétorquai d’un air faussement penaud : « Excusez-moi, mon adjudant, j’étais fatigué.Voulez-vous me donner un coup de main ? » Ma réponse fut ponctuée d’un énorme éclat de rire des occupants de la chambrée, ce qui ne pouvait qu’aggraver mon cas. Sèche et sans appel fut la réponse de celui qui se transforma instantanément en auxiliaire de justice : « Huit jours avec demande d’augmentation ! ».
J’accueillis le verdict avec un air lamentable et attristé par autant d’ingrate incompréhension.
Le capitaine, commandant la compagnie, à qui mon cas avait tout de suite été soumis, ne marqua pas plus de compréhension et m’appliqua le tarif.
En fait de tarif, il s’agissait de continuer l’instruction dans la journée et le soir, après la cantine, de rejoindre la prison, située à l’autre extrémité de l’école. Cette geôle avait la particularité d’être la prison de garnison, et d’accueillir tant les délinquants des unités alentour que les rares élèves fautifs Je faisais donc partie de ceux-là. Légèrement anxieux, muni d’une brosse à dents, d’un peigne et d’un strict minimum de couchage, je gagnai le premier soir mon lieu de détention où un cerbère taillé pour l’emploi signa mon billet d’écrou.


Le narrateur raconte ensuite qu’il fit connaissance d’un compagnon de cellule, de la promo précédente, François d’Orléans, deuxième des fils du comte de Paris qui purgeait une peine de quinze jours de prison pour avoir égaré sa baïonnette lors d’un exercice. Environ un an après cette rencontre François d’Orléans tomba au Champ d’Honneur en Kabylie.
C’était le 11 octobre 1960 et il venait d’avoir 25 ans.


Alain-Michel Zeller « Un long oued pas si tranquille… » Atelier Fol’fer, 2007
Prix Livre Algérianiste 2008" Témoignage"

Dégagements

Besoin de décompresser après l’intensité d’un stage, survivance de l’esprit estudiantin sous l’uniforme, la coutume importée des Écoles militaires et des grandes Écoles le « dégagement » n’eut pas trop de mal à s’implanter dans les traditions de l’École de Cherchell.
Le spectacle organisé par les EOR teinté d’humour et quelquefois d’ironie brocardait les instructeurs, l’encadrement et la vie à l’école.
Cela n’allait pas sans quelques dérapages.
Le spectacle de la promotion « Marche au Rhin » en 1944 fut ouvertement antimilitariste alors que le Pays était en guerre et que les élèves se préparaient à entrer dans le combat !(1)
En 1958, un sketch de la promotion 803 ridiculisait le commandant chargé d’un cycle de conférences sur l’action psychologique. Sur scène, un tromblon de carton braqué dans le « sens de l’histoire » simulait « l’arme psychologique, modèle 58 » dont un officier caricatural s’évertuait à expliquer le fonctionnement. (2)
Lors du dégagement du peloton 904 en 1959, promotion « Sous-lieutenant Yves Allaire », le général Salvan, à l’époque lieutenant instructeur, demanda si l’on surveillait ce que les EOR préparaient ayant constaté qu’ils avaient été très durs à l’égard de certains de ses collègues.
La réponse fut « nous sommes entre gens de bonne compagnie ».
Et de fait, la liberté laissée aux EOR était tempérée par une autocensure qui empêchait généralement d’aller trop loin.
Salvan a mis l’accent sur un inconvénient plus grave de ces festivités : leur préparation mobilisait un nombre important d’EOR au détriment de leur entraînement et de leur instruction. Le 10 août 1960, la fin du stage 004 « Monna casale » fut l’occasion d’une opération de prestige dont le clou était un spectacle « son et lumière » sur le port de Cherchell qui fut critiqué par l’Écho d’Alger, l’École s’écartant de sa mission de formation de chefs de section. (3)
1. Eric Labayle « L’École des Élèves-Aspirants de Cherchell-Médiouna » pages 557 à 563. 2. Jean J. Mourot « La pacification, c’était la guerre » pages 218, 219,268. 3. Général Jean Salvan « Soldat de la guerre soldat de la paix », pages 144, 165, 166,168, 188.

Peloton 702 : Dégagement du 28 février 1957
Documents communiqués par l'EOR Paul Deltour 3e Cie, 12e Section

Peloton 804, Mars-août 1958

Distractions-Culture-Cinéma-Sports

La formation, intense et fatigante, laissait peu d'espace de liberté. Pourtant le besoin de décompresser s'imposait. Une salle d'information et de lecture où la plupart des revues et journaux étaient présents et une bibliothèque permettaient aux militaires de l'École de se tenir informés et d'enrichir leur culture. En 1960, sous l'impulsion du colonel Bernachot, aidé par le colonel Carrère, l'ensemble des équipements existants fut renforcé et un Cercle Culturel et Sportif créé. Le Club des Élèves-Officiers dispose d'un foyer, d'un ciné-club, d'une salle d'information où les principaux organes de presse sont disponibles, d'une discothèque, d'une bibliothèque. Le groupe photographique dispose d'un laboratoire bien équipé, le groupe archéologique organise des visites et conférences. Un gymnase permet la pratique de l'escrime, du judo, de la boxe.L'équitation est possible à la « carrière », ancien amphithéâtre romain. Le Cercle Culturel et Sportif édite à la fin de chaque stage un livret de promotion relatant la cérémonie du baptême, publiant la liste des E.O.R. et constituant ainsi un lien entre les élèves d'un même peloton. Enfin, le journal « Citadelle » dont le premier numero a vu le jour le 8 août 1958, oeuvre commune des E.O.R. est le témoignage de l'esprit de Cherchell.

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La salle d'information


Carte de membre du Cercle Culturel


Le Club des Élèves-Officiers Peloton 804 : à l'affiche du cinéma « Coup dur chez les mous »

« Citadelle », nom donné au journal de l'École en référence à Saint-Exupéry Le 1er numero du 8 août 1958, porte en haut à droite en exergue : « Force-les de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères» et une dédicace du général Salan :« Pour une ère nouvelle, le bulletin « Citadelle » en sera le ciment»

Le numero 27, probablement le dernier, édité en 1962 à Montpellier

Le temps libre

Les loisirs dans le cadre de la garnison de Cherchell

Peloton 18 1954-55 Section transmissions, Roger MARC à g.

La plage Militaire en 1957 Pelotons 705 (EOR Desprets et Gilles Gauroy) et 707 Note du Chef de Bataillon BAIGNADES : Malgré l’interdiction rappelée au cahier de rapport le 30.03.54, il a été constaté que des élèves de l’Ecole se baignaient le 2 mai.Indépendamment des sanctions qui seront prises, et qui en cas de récidive, entraîneront l’exclusion des pelotons, il sera rappelé aux rapports des unités (EOR dès leur arrivée) l’interdiction formelle des baignades isolées. Une note de service fixera en son temps les conditions d’utilisation de la plage militaire : heures des bains et surveillance par des moniteurs de l’Ecole. Peloton 801 1957-58 Virée en ville entre copains Peloton 806 1958

Peloton 003 Vercors Chez la veuve; à droite Arnardi Roger ; 2ème à gauche Euvrard

Peloton 003 à "la Vague" un dimanche, 7 ème Cie du Capitaine DANET ; Lt HENRY. Roger Arnardi 3 ème à gauche à sa g. Clavel 1er à d. Kremps, à sa droite Euvrard.

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La Comédie française à Cherchell Jeudi, 27 mai 1954

A 14 heures j’étais en train de potasser mon cahier de combat lorsqu’un camarade, du poste de garde, fit irruption dans la chambrée demandant s’il y avait des volontaires pour faire de la figuration dans la pièce, Polyeucte de Pierre Corneille, que devait jouer la Comédie française dans le théâtre romain. Je me suis habillé en vitesse. Nous étions dix volontaires et sommes allés à l’hôtel Césarée où se trouvait la troupe. Nous avions quartier libre et il y avait beaucoup de touristes à Cherchell, car se déroulait en Algérie un festival d’art dramatique avec la participation de la Comédie française. Le sujet de la pièce à caractère religieux avait du s’imposer en ce jour de l’Ascension. Le théâtre antique était le décor idéal pour évoquer l’Arménie, province romaine. Le metteur en scène n’avait besoin que de quatre personnes pour figurer les gardes : il a choisi deux grands et deux de taille moyenne. J’étais dans ces derniers et aux autres il a remis des places gratuites. Nous fûmes conduits dans une chambre où quatre comédiens étaient en train de se maquiller et s’habiller. Quant à nous, nous fûmes costumés en soldats romains. Nous étions vraiment chouettes ! Ensuite nous sommes allés au théâtre en voiture .Nous avons pu voir de très près Maurice Escande, Paul Ecoffard, Jacqueline Morane qui était accompagnée de son mari, le scénariste Jean Serge. Finalement il n’y a que les deux grands qui ont figuré les gardes de Sévère et les deux plus petits, dont j’étais, sommes restés dans les coulisses du théâtre pendant toute la pièce dans notre habit romain ! Nous étions assez contrits ; mais enfin nous avons pu sinon bien voir du moins entendre jouer les comédiens et avons surtout pu constater que Maurice Escande, pourtant immense acteur, ne connaissait pas son texte : il était sans cesse à le lire et relire avant ses entrées en scène ; et une fois en scène il calait lamentablement et des coulisses on lui soufflait tellement fort qu’on pouvait se demander si les spectateurs n’entendaient pas !! Quant à Jacqueline Morane, elle entrait en scène par un escalier en bois assez branlant et son émotion devait au moins autant à l’état de l’escalier qu’à son talent.

Christian Chabance

La chorale ?


Peloton 707 : Qu'elles sont jolies les filles de mon pays....

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Août 1954 : Les fêtes de Cherchell

Les fêtes ont été très animées. La place Césarée était joliment décorée. Les concours les plus divers se sont déroulés dans une ambiance joyeuse : châteaux de sable, pour les enfants ; concours hippique ; gymkhana automobile ; concours de boules ; élection de la reine de beauté (Vincente Mazini, jolie brune a été élue) ; championnat d’Algérie de pêche sous-marine. Il y a eu aussi présentation par Maryse Dubourg d’un cabaret ambulant de chanteurs amateurs. De très nombreux visiteurs ont égayé la ville.


Les permissions




Les permissions de fin de semaine à Alger permettaient de rompre la monotonie des loisirs limités qu'offrait la garnison de Cherchell. Malheureusement de graves accidents vinrent quelquefois endeuiller l'Ecole. Ce fut le cas le samedi 31 décembre 1960 : Michel Hainguerlot, Hamid Achoubi, Georges Regottaz, Michel Lichteinstein , tous quatre EOR furent tués dans un terrible accident, la simca aronde où ils avaient pris place,ayant été pulvérisée par un autocar. La voiture était conduite par le frère d'Hainguerlot, Jean-Claude, civil, tué lui aussi.






Il y eut aussi des mariages...

26 décembre 1959 : Mariage du lieutenant Brunerie, instructeur, à Alger


Habillement

Inventaires des effets et objets d'habillement, pelotons 803, Morel à l'Huissier Jean (1958) et 106, Fourquin Jean-Pierre (1961)

Dans le paquetage EOR 1954 : le calot ou « bonnet de police », distinctif de l’Ecole, de couleur bleu ciel, passepoilé de jaune, sans pointes ; mi-bas pour porter avec le short ; et souliers bas rouges La tenue d’été est portée depuis le 17 mai. Pour le combat : soit le treillis français modèle 47, soit la tenue HBT* américaine. Comme tenue de travail, à l’intérieur : soit le jacket drill, soit la chemisette et le short. A l’extérieur : chemise à manches longues, cravate et pantalon de toile. Le galon est celui d’EOR : galon blanc, filets rouges surmontant la grenade.
*HBT : tissu HerringBone Twill vert, modèle 1943.

Uniformes
A gauche, EOR (Musée de l'Infanterie)
A droite, Aspirant de la promotion 707, coiffé du calot modèle 1946, forme US Blouson modèle 1946

Calot Ecole modèle 1946 forme US Calot Ecole modèle 1957 forme banane

La Compagnie des Ordinaires (CDO) : alimentation, menus

Peloton 16 La nourriture est abondante et variée.Avec l’été certains plats se font plus rares tandis que d’autres, plus appropriés à la saison sont servis assez souvent : tomates farcies, salades de tomates, boulettes de viande…En dessert, melon, raisin. Menu du mardi 17 août 1954 : salade de tomates, purée mousseline, viande rôtie, tranche de mouna. Et le quinze août, repas amélioré :

Peloton 803 – 1er semestre 1958

Petit déjeuner.
On y mangeait par tables de huit et par compagnies. De vastes baies vitrées donnaient sur la ville et, au-delà, sur la mer. Montés d’un cran dans la hiérarchie militaire, nous étions servis par des soldats de la Compagnie Ecole qui promenaient entre les tables octogonales des dessertes roulantes chargées de brocs de café qu’ils étaient allés remplir dans une petite pièce distincte où ils lavaient la vaisselle et sur laquelle s’ouvrait le monte-charge communiquant avec les cuisines,ultra-modernes et inaccessibles au commun des E.O.R. Pâté,fromage, beurre ou confiture accompagnaient alternativement le pain du petit déjeuner. Cela n’étant pas jugé suffisant, chacun y ajoutait suivant son goût du lait concentré en tube ou des provisions personnelles. Le jeudi et le dimanche, cependant, on avait droit au café au lait et le dimanche, à des petits pains frais avec du beurre... Déjeuner.
Assiettes, verres et couverts nous attendaient.Il n’y avait qu’à s’attabler. Les menus étaient convenables sinon toujours assez copieux pour les jeunes gaillards que nous étions,soumis à rude épreuve et à l’appétit aiguisé par le grand air: une entrée, un plat de viande (du bœuf presque tous les jours, du gigot le dimanche) un plat de légumes (fayots, lentilles ou pâtes,des pommes de terre rissolées une fois la semaine), un fruit en semaine (orange, mandarine ou grenade), une tartelette à l’abricot (de conserve) le dimanche.

Jean Mourot SOUS LES DRAPEAUX DE DEUX RÉPUBLIQUES (Extrait de À Cherchell avec ceux de la 803)