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A gauche : Peloton 705, été 1957, Caserne "Dubourdieu", une chambrée, repos après l'effortA droite :Peloton 904 Jeanguyot, Villaume couché, Claude RosierRemarquez l'éxiguîté des lieux : au chevet des lits, chacun a sa petite valise; pour y accéder, il faut que l'un sorte pour que l'autre puisse atteindre ses affaires. Il n'y a pas d'armoire. Les sacs sont entassés sur une planche au-dessus de la porte.
Les punaises ne figurent pas dans les dix plaies qui frappèrent l’Egypte mais elles ont été une plaie récurrente de la « vieille » caserne de Cherchell et de certains bâtiments annexes. Les premières victimes furent les élèves des premières promotions. Malgré les mesures prises, passage des châlits à la lampe à souder, désinfection des chambrées au crésyl, les insectes ne furent jamais éradiqués. Eric Labayle dans son livre « L’École des élèves-aspirants de Cherchell-Médiouna », pages 97 et 98 relate cette lutte incessante contre ces parasites qui infestaient de nombreuses casernes en Afrique du Nord. « Dans l’incapacité de résoudre définitivement le problème, le commandement vidait périodiquement les chambrées et les condamnait vingt quatre heures pour y bruler du soufre. La mesure ne s’est jamais avérée très efficace, puisque les punaises faisaient leur réapparition en force quelques jours seulement après la désinffection.Un élève parvint même, chiffre éloquent, à en tuer 125 dans son lit, en une seule journée ! Nichées on ne sait où, les hôtes des chambrées se laissaient tomber du plafond, le soir venu, sur les élèves endormis, ce qui leur valut le surnom presque familier de « punaises parachutistes ». … « De guerre lasse, certains préférèrent à nouveau s’en aller dormir à l’extérieur des chambrées, quitte à subir les assauts des moustiques ». En août 1954 il y eu une nouvelle invasion de punaises dans les chambres de la 4ème section du peloton EOR. Depuis quelques jours les élèves étaient porteurs de grosses cloques rouges étant dévorés par ces bestioles dont la piqûre est très douloureuse, bien plus que celle des puces. Après leur évacuation vers d’autres chambres les lits ont été passés au chalumeau et de l’insecticide a été vaporisé. Mais loin d’être vaincus les hétéroptères sont revenus en force et plus agressifs que jamais. Dans la première semaine de septembre 1954 les élèves durent passer deux nuits sous la tente car il fallut employer les grands moyens. Des infirmiers de l’hôpital Maillot étaient arrivés avec un appareil à moteur pulvérisant de l’insecticide. Pour que celui-ci soit tout à fait efficace toutes les fenêtres devaient être fermées. D’ou l’obligation de déménager quatre compagnies au terrain « Jouvain », une parcelle de terrain militaire à deux cents mètres de l’Ecole Les punaises ont donc remporté une victoire, puisque l’École a du battre en retraite. Mais c’était une retraite stratégique,la guerre allait-elle être gagnée ? Eh bien, non. En effet, Jacques Oudin du peloton 006, promotion « Aspirant Mekerta » (1960) a écrit : « Pour ceux qui ont connu la fameuse caserne Dubourdieu ils doivent se rappeler des fameuses punaises qui nous suçaient le sang même en se baladant dans le DDT ! Le spectacle de fin de promo avait d'ailleurs été basé sur les méfaits de ces bestioles dont j'ai encore l'odeur dans les narines !!! »
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A gauche : Peloton 904 : Un EOR balaye, Langevin et Itty fument. A côté de la fenêtre, le ratelier pour quatre MAS 36, sur le mur 4 casiers à linge et la penderie pour les capotes. Même disposition de l'autre côté et aussi de chaque côté de la porte.
A droite :Peloton 16, Fenêtre pavoisée par du linge à Dubourdieu
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Peloton 804 : Une des chambres de la 3e sect Peloton 12 Chambre 47
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Peloton 801 : Table de Bridge et table de Belotte
Peloton 904 : Antoine Itty à sa correspondance A Dubourdieu, les tables des chambrées étaient à usages multiples : Jeux de cartes, correspondance, révision des manuels d'instruction, repassage etc.
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Illustration d'une lettre aux parents
Le confort dans les nouveaux bâtiments
Les nouveaux bâtiments qui commencèrent à être livrés en 1956 améliorèrent temporairement la situation"Si les quatre premières compagnies devaient s’accommoder de l’inconfort des chambrées de la Vieille École, la 5ème compagnie—à laquelle je fus affecté— et la 6ème — à laquelle fut affecté Philippe— jouissaient d’un confort alors inhabituel dans une caserne française. De part et d’autre d’un long couloir dont le dallage, régulièrement lavé, sonnait sous les talons, les sections se partageaient, au premier et au second étage, des chambres aux murs ripolinés, largement ouvertes sur la lumière extérieure par des baies vitrées garnies de brise-soleil et de stores de bois. Deux rangées de quatre ou cinq lits, avec draps, traversin et matelas de laine, s’y faisaient face, séparées par une large allée où était installée une table de bois verni. Chacun y disposait d’une chaise ainsi que d’une armoire et de deux casiers métalliques peints en vert. Dans un coin, on enfermait au cadenas les armes individuelles dans un placard dont le chef de chambre gardait précieusement la clé. A l’une des extrémités du couloir, à droite et à gauche de la cage d'escalier, s’ouvrait le “bloc hygiène”, avec ses W.C. à chasse d’eau dont il fallait régulièrement récurer les cuvettes émaillées et deux buanderies où l’on disposait de bacs à laver et d’une table de repassage en granito, buanderies qui débouchaient chacune sur un séchoir extérieur. A l’autre extrémité, une série de robinets chromés s’alignaient au-dessus de plusieurs auges de fonte émaillée, dans une pièce sonore qu’une cloison séparait de cabines de douches froides, fort appréciées pendant la canicule. On ne disposait qu’au rez-de-chaussée d’eau chaude pour les douches, communes aux deux compagnies et auxquelles on n’avait accès qu’une ou deux fois la semaine".
Jean Mourot SOUS LES DRAPEAUX DE DEUX RÉPUBLIQUES (Extrait de À Cherchell avec ceux de la 803)Les fermes
Lorsqu’en 1959 l’École reçut la mission de former tous les EOR, y compris ceux instruits auparavant à Saint-Maixent, se posa à nouveau le problème de l’hébergement. D’autant plus que les nécessités de la guerre d’Algérie firent que l’École redevint ce qu’elle fut pendant la 2e guerre mondiale, une « usine à fabriquer des sous-lieutenants et des aspirants » (Alain-Michel Zeller). Tous les deux mois, l’École recevait une promotion d’EOR formant un Bataillon de trois ou quatre Compagnies. Le problème fut résolu par l’achat ou la location de trois fermes (Brincourt, Tripier, Faizant) permettant de loger un Bataillon EOR. Le côté positif de cette solution fut qu’elle permit de parfaire l’instruction des élèves dans un poste en zone d’insécurité, avec les problèmes inhérents au service en campagne et les plaçant dans les conditions de vie qui seraient les leurs à l’issue de leur stage. « A partir de novembre 1959, l’École a instruit chaque année 2600 sous-lieutenants ou aspirants constituant les 8/10e des chefs de section d’Infanterie encadrant les Unités opérationnelles d’Algérie où ils maintinrent la tradition d’honneur et de valeur militaire de leurs anciens ».(d'après de Césarée à Cherchell).
Devant la Casemate de la ferme Tripier
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Peloton 806 Peloton 203 Peloton 804 : Ferme Brincourt
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A gauche : Corvée de pluches Evrard et Chambard. A droire : Rédigeant le menu: Jean Marie Joly éminçant les oignons Jean Marc Cromb
Brincourt Palace
Peloton 001 Colonel Jeanpierre, Noël 1959, ferme Brincourt, de face, 1er plan Morera MPLF 04 10 1960
Peloton 205 Les derniers de Cherchell, 1962 A Brincourt, de D à G, de Angelis, Hisiger, Bouchardon, Riguet, Brenot et X.
Peloton 106 Croix de la valeur miltaire, 1961 Repas de fin de promo, Sous-lts Maurice Zlotowski, Jean-Claude Tate, Jean-Pierre Zimmermann, Yves Delannoy
Peloton 202 1961-62 Capitaine de Cathelineau Repas de Fête.
Peloton 202 1961-62 Capitaine de Cathelineau. Tambouille
Détente - Distractions - Dégagements
Peloton 804 A l'affiche du cinéma : Coup dur chez les mous
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Peloton 201 Vosges Alsace. Méchoui
Peloton 005 Koufra EOR N'Doye et Truchi, méchoui de fin de séjour
Les sorties
Peloton 18 1954-55 Section transmissions, Roger MARC à g.
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La plage Militaire en 1957 Pelotons 705 (EOR Desprets et Gilles Gauroy) et 707 Note du Chef de Bataillon BAIGNADES : Malgré l’interdiction rappelée au cahier de rapport le 30.03.54, il a été constaté que des élèves de l’Ecole se baignaient le 2 mai.Indépendamment des sanctions qui seront prises, et qui en cas de récidive, entraîneront l’exclusion des pelotons, il sera rappelé aux rapports des unités (EOR dès leur arrivée) l’interdiction formelle des baignades isolées. Une note de service fixera en son temps les conditions d’utilisation de la plage militaire : heures des bains et surveillance par des moniteurs de l’Ecole.
Peloton 801 1957-58 Virée en ville entre copains
Peloton 806 1958
Peloton 003 Vercors Chez la veuve; à droite Arnardi Roger ; 2ème à gauche Euvrard
Peloton 003 à "la Vague" un dimanche, 7 ème Cie du Capitaine DANET ; Lt HENRY. Roger Arnardi 3 ème à gauche à sa g. Clavel 1er à d. Kremps, à sa droite Euvrard.
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La Comédie française à Cherchell Jeudi, 27 mai 1954
A 14 heures j’étais en train de potasser mon cahier de combat lorsqu’un camarade, du poste de garde, fit irruption dans la chambrée demandant s’il y avait des volontaires pour faire de la figuration dans la pièce, Polyeucte de Pierre Corneille, que devait jouer la Comédie française dans le théâtre romain. Je me suis habillé en vitesse. Nous étions dix volontaires et sommes allés à l’hôtel Césarée où se trouvait la troupe. Nous avions quartier libre et il y avait beaucoup de touristes à Cherchell, car se déroulait en Algérie un festival d’art dramatique avec la participation de la Comédie française. Le sujet de la pièce à caractère religieux avait du s’imposer en ce jour de l’Ascension. Le théâtre antique était le décor idéal pour évoquer l’Arménie, province romaine. Le metteur en scène n’avait besoin que de quatre personnes pour figurer les gardes : il a choisi deux grands et deux de taille moyenne. J’étais dans ces derniers et aux autres il a remis des places gratuites. Nous fûmes conduits dans une chambre où quatre comédiens étaient en train de se maquiller et s’habiller. Quant à nous, nous fûmes costumés en soldats romains. Nous étions vraiment chouettes ! Ensuite nous sommes allés au théâtre en voiture .Nous avons pu voir de très près Maurice Escande, Paul Ecoffard, Jacqueline Morane qui était accompagnée de son mari, le scénariste Jean Serge. Finalement il n’y a que les deux grands qui ont figuré les gardes de Sévère et les deux plus petits, dont j’étais, sommes restés dans les coulisses du théâtre pendant toute la pièce dans notre habit romain ! Nous étions assez contrits ; mais enfin nous avons pu sinon bien voir du moins entendre jouer les comédiens et avons surtout pu constater que Maurice Escande, pourtant immense acteur, ne connaissait pas son texte : il était sans cesse à le lire et relire avant ses entrées en scène ; et une fois en scène il calait lamentablement et des coulisses on lui soufflait tellement fort qu’on pouvait se demander si les spectateurs n’entendaient pas !! Quant à Jacqueline Morane, elle entrait en scène par un escalier en bois assez branlant et son émotion devait au moins autant à l’état de l’escalier qu’à son talent.
Christian Chabance
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Peloton 707 : La chorale ? Qu'elles sont jolies les filles de mon pays....****
Août 1954 : Les fêtes de Cherchell
Les fêtes ont été très animées. La place Césarée était joliment décorée. Les concours les plus divers se sont déroulés dans une ambiance joyeuse : châteaux de sable, pour les enfants ; concours hippique ; gymkhana automobile ; concours de boules ; élection de la reine de beauté (Vincente Mazini, jolie brune a été élue) ; championnat d’Algérie de pêche sous-marine. Il y a eu aussi présentation par Maryse Dubourg d’un cabaret ambulant de chanteurs amateurs. De très nombreux visiteurs ont égayé la ville.
Habillement
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Inventaires des effets et objets d'habillement, pelotons 803, Morel à l'Huissier Jean (1958) et 106, Fourquin Jean-Pierre (1961)
Dans le paquetage EOR 1954 : le calot ou « bonnet de police », distinctif de l’Ecole, de couleur bleu ciel, passepoilé de jaune, sans pointes ; mi-bas pour porter avec le short ; et souliers bas rouges La tenue d’été est portée depuis le 17 mai. Pour le combat : soit le treillis français modèle 47, soit la tenue HBT* américaine. Comme tenue de travail, à l’intérieur : soit le jacket drill, soit la chemisette et le short. A l’extérieur : chemise à manches longues, cravate et pantalon de toile. Le galon est celui d’EOR : galon blanc, filets rouges surmontant la grenade.
*HBT : tissu HerringBone Twill vert, modèle 1943.
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Uniformes
EOR (Musée de l'Infanterie) Aspirant de la promotion 707
Il y eut aussi des mariages...
26 décembre 1959 : Mariage du lieutenant Brunerie, instructeur, à Alger
La Compagnie des Ordinaires (CDO) : alimentation, menus
Peloton 16 La nourriture est abondante et variée.Avec l’été certains plats se font plus rares tandis que d’autres, plus appropriés à la saison sont servis assez souvent : tomates farcies, salades de tomates, boulettes de viande…En dessert, melon, raisin. Menu du mardi 17 août 1954 : salade de tomates, purée mousseline, viande rôtie, tranche de mouna. Et le quinze août, repas amélioré :
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Peloton 803 – 1er semestre 1958
Petit déjeuner.
On y mangeait par tables de huit et par compagnies. De vastes baies vitrées donnaient sur la ville et, au-delà, sur la mer. Montés d’un cran dans la hiérarchie militaire, nous étions servis par des soldats de la Compagnie Ecole qui promenaient entre les tables octogonales des dessertes roulantes chargées de brocs de café qu’ils étaient allés remplir dans une petite pièce distincte où ils lavaient la vaisselle et sur laquelle s’ouvrait le monte-charge communiquant avec les cuisines,ultra-modernes et inaccessibles au commun des E.O.R. Pâté,fromage, beurre ou confiture accompagnaient alternativement le pain du petit déjeuner. Cela n’étant pas jugé suffisant, chacun y ajoutait suivant son goût du lait concentré en tube ou des provisions personnelles. Le jeudi et le dimanche, cependant, on avait droit au café au lait et le dimanche, à des petits pains frais avec du beurre... Déjeuner.
Assiettes, verres et couverts nous attendaient.Il n’y avait qu’à s’attabler. Les menus étaient convenables sinon toujours assez copieux pour les jeunes gaillards que nous étions,soumis à rude épreuve et à l’appétit aiguisé par le grand air: une entrée, un plat de viande (du bœuf presque tous les jours, du gigot le dimanche) un plat de légumes (fayots, lentilles ou pâtes,des pommes de terre rissolées une fois la semaine), un fruit en semaine (orange, mandarine ou grenade), une tartelette à l’abricot (de conserve) le dimanche.Jean Mourot SOUS LES DRAPEAUX DE DEUX RÉPUBLIQUES (Extrait de À Cherchell avec ceux de la 803)