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Du 15 12 1942 au 30 10 1944, quatre promotions sortirent de Cherchell qui n’est pas le prolongement de Saint-Cyr mais une École ayant sa propre personnalité.
La caserne Dubourdieu
Photographie du Service Cinématographique des Armées extraite de l’ouvrage « Ils venaient de Cherchell » (Éditions Lavauzelle). De part et d’autre du bandeau au-dessus du portail, l’insigne du 1er Régiment de Tirailleurs Algérien dont le 2e Bataillon, en garnison à Cherchell, occupait cette caserne avant son départ pour la Tunisie.

Insigne du 1er R.T.A. : dans un croissant d'argent dont les 2 branches se rejoignent sur une main de fatma chargée du chiffre 1 figure la devise du Régiment inscrite en caractères arabes "Toujours le premier"(dâyman el ouwwel)
3.École Militaire Interarmes (EMIA)
Par Décision ministérielle du Gouvernement Provisoire de la République Française du 13 décembre 1944 l'E.M.I.A. (Ecole Militaire Inter Armes) est fondée et se substitue à l'E.E.A.A.F.N.(Ecole des Elèves-Aspirants d'Afrique du Nord ).
Cherchell prend la relève de l'école Spéciale Militaire (ESM) de Saint-Cyr.
Le 2 avril 1945, en présence du général de Gaulle, le ministre de la guerre, André Diethelm, confie à l’École Militaire
Inter Armes (EMIA) de Cherchell deux drapeaux, celui de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, sorti de la cachette où l’avait
placé le Colonel Léon Le Page, et celui de l’École Militaire de l’Infanterie et des Chars de combat de Saint-Maixent (EMICC),
sauvé, lui aussi en 1942 par le Colonel Levêque.
( D’après l’article du général Jean Boÿ paru dans Le Casoar N° 174 de juillet 2004 »Le drapeau de l’École Militaire Interarmes)
Le bandeau porte le nom d’École Militaire Inter-Armes et, de part et d’autre, la grenade de l’Infanterie
En juin 1945 l'EMIA quitte Cherchell et les rives de la Méditerranée pour la lande bretonne à Coëtquidan.
4.Ecole Militaire Interarmes de Sous-officiers (1er janvier 1946- mai 1947).
Après la guerre et dès 1946 l’Ecole assuma la formation des sous-officiers destinés à servir en Afrique du Nord.
5.Ecole de Cadres d’Afrique Française du Nord (mars 1946)
Changement de dénomination.
Même mission de formation de sous-officiers.
6.Le 1er janvier 1947, l’Ecole devient« Annexe de Cherchell de l’Ecole de Sous-officiers de Saint-Maixent »
Elle ajoute à la mission de formation des sous-officiers celle de l’instruction des Elèves Officiers de Réserve de l’Infanterie pour les unités basées en Afrique du Nord.Les EOR des unités Métropolitaines sont formées à Saint-Maixent.
De 1949 à avril 1958, elle instruit une partie des EOR de la Métropole
L’entrée de la « vieille » caserne Dubourdieu
(Avec le bandeau « École de Sous-officiers », période 1947-1958)
Le 27 mai 1950 : Le Ministre de la Défense Nationale, René Pleven, cite à l’Ordre de l’Armée l’Ecole Militaire de Cherchell :
« Du 8 novembre 1942 au 8 mai 1945 et après l’envahissement total de la Métropole,l’Ecole Militaire de Cherchell a maintenu la tradition des Ecoles dOfficiers de France en inculquant aux Elèves-Aspirants la foi dans les destinées et la grandeur de la Patrie ; a formé pour les Armées de la Libération des Chefs dignes de leurs aînés, ardents et animés du désir de vaincre, qui s’illustrèrent sur les champs de bataille de Tunisie, d’Italie, de France et d’Allemagne.S’est acquis ainsi au prix de lourds sacrifices, une part glorieuse dans la victoire de nos Armes.»
« Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec palme. »
12 juillet 1950
Le Général Callies remet la Croix de Guerre à l’Ecole.( Voir photo rubrique "Le fanion")
7.10 mai 1958 : L'École prend le nom d'« Ecole Militaire d’Infanterie de Cherchell »(EMIC)
Par lettre du 19 février 1958 le Colonel Marey commandant de l'Ecole demande le changement de dénomination et l'attribution d'un drapeau :
La dénomination "Annexe de Cherchell de l'École de sous-officiers de Saint-Maixent ne correspondant pas aux réalités,
Cherchell ayant toujours été indépendante de Saint-Maixent.
A l'appui de la demande de drapeau le Colonel Marey fait valoir que parmi toutes les Écoles militaires Cherchell est la seule n'ayant pas de drapeau
et fait ressortir les éminents mérites acquis par l'Ecole à l'occasion de la Libération et du conflit d'Indochine et ajoute :
"...depuis que la guerre révolutionnaire s'est ouverte en Algérie, l'Ecole instruit chaque année de 1200 à 1500 officiers de réserve qui, à peu près tous, servent
dans les unités opérationnelles d'Afrique du Nord avec un allant, un courage et un esprit de sacrifice qui constituent
pour l'Ecole qui les a formés un honneur mérité."
Lettre du Secrétaire d'Etat aux Forces Armées "Terre" en date du 4 mars 1958 décidant du changement de dénomination
L'École se consacre exclusivement à la formation des officiers de réserve d’infanterie, tâche qu’elle partage avec l’école de Saint-Maixent.
11 juillet 1958
( D.M. n°22.022/EMA/CAB/EMP) Le Ministre des Armées considérant les services rendus au Pays par l'École Militaire d'Infanterie de Cherchell et qui justifient désormais la place éminente qu'elle tient parmi les écoles d'officiers, lui confie la garde d'un drapeau.
Le 29 janvier 1959
L'emblème lui est remis par le Général Allard, commandant la 10° Région Militaire et les Forces Terrestres en Algérie le même jour de la prise de Commandement de l'Ecole par le Colonel Bernachot, succédant au Colonel Marey.
(Voir rubrique "Le Drapeau")
10 août 1959
Le Ministre des Armées charge l’Ecole de former désormais la totalité des Officiers de Réserve d’Infanterie, tâche que Cherchell partageait jusqu’alors avec Saint-Maixent.
Service Historique de l’Armée de Terre (Vincennes)
Analyse du carton cote 6U131, école militaire de CherchellRappel et précisions sur l’historique
École d’élèves aspirants créée 1er avril 1943 à Cherchell, ancienne garnison d’un bataillon du 1er RTA.
De 1943 à mai 1945 l’École forme 4.500 officiers ou aspirants de toutes armes pour les armées de la Libération.
(…)
Recréée à Cherchell le 1er janvier 1946 sous le nom d’École des sous-officiers, puis d’École des cadres, enfin d’Annexe de l’Ecole des sous-officiers de Saint-Maixent (1er juin 1947) : jusqu’en 1949 formation des sous-officiers et des EOR d’AFN. Puis de 1949 à avril 1958 instruit également une partie des EOR de métropole.
10 Mai 1958 : prend le nom d’École militaire d’infanterie et se consacre alors exclusivement à la formation des officiers de réserve d’infanterie (en partage avec Saint-Maixent).
Depuis novembre 1959 [NB : cet historique succinct date du 1/09/1960] 2.500 sous-lieutenants et aspirants formés représentant 90% des chefs de sections des unités opérationnelles d’infanterie (20.000 chefs de section depuis sa création).
A l’heure actuelle [NB : septembre 1960] 1.000 EOR à l’instruction, 3 promotions simultanément (Anciens, Cadets, Jeunes), chaque promo de 300 à 400 EOR effectuant un stage de 5 mois ½ (21 semaines d’instruction).
Rapport sur le moral année 1954 (extraits)
Encadrement :
(….)
La cessation des hostilités d’Indochine a permis de retrouver la stabilité des cadres. Il est toujours gênant pour la bonne marche de l’instruction d’être contraint de changer de chefs de section en cours de stage en raison des départs en Indochine.
Conditions matérielles de vie :
a) logement (officiers, sous-officiers, personnel civil) :
(…)
b) casernement :
Comme les logements, le casernement a été lui aussi l’objet de notables améliorations (…). Malgré ces améliorations les locaux actuels demeurent insuffisants compte tenu de l’effectif à instruire (…). Toutefois la construction en cours de la nouvelle école dont on voit rapidement les bâtiments sortir du sol entretient chez tous un climat de patience.
c) alimentation (élèves et troupes) :
Elle est unanimement reconnue comme très satisfaisante tant en qualité qu’en quantité.
Etat d’esprit et moral :
a) officiers : très bon
b) sous-officiers : bon
c) troupe, élèves :
EOR : bon dans l’ensemble. Il y a lieu de relever dans ce milieu une désaffection pour l’Armée d’Afrique. A l’amphi-garnison les premiers choisissent en général des garnisons situées en France ou en Allemagne, alors que les places pour les corps d’AFN sont laissées aux élèves classés en fin de liste (les 30 derniers de la promotion 54/2 tranche A ont pris les 30 places pour la Tunisie).
ESOA : très bon esprit. Il faut constater que le niveau intellectuel des dernières promotions est particulièrement élevé par rapport au recrutement précédent (40% de bacheliers ou du niveau bac, 30 % BEPC, 30% niveau BE).
(…)
Signé : Cherchell, le 1er février 1955, le Colonel LANCRENON, commandant de l’Ecole.
11 août 1962 : évacuation des européens de Novi
L'École avec l'aide du 3/2e R.I. et des gardes mobiles du 4/10 procède à l'évacuation des européens de Novi soit 40 femmes, 35 hommes et 5 enfants.
Ils embarqueront le 23 août à Alger en direction de Marseille.
17 septembre 1962 : évacuation des brigades de gendarmerie
Les brigades de gendarmerie de Dupleix et Gouraya aisi que les familles sont évacuées par convoi routier
et hébergées pour la nuit à l'École
Octobre 1962 : L'indépendance de l'Algérie marque la fin de la formation des EOR à Cherchell.
Après le baptême de la dernière promotion en octobre 1962, l’Ecole est transfèrée avec tous ses cadres à Montpellier.
Elle continuera à former tous les EOR jusqu'en 1967.
Le 1er août 1967 l'Ecole d'Application de l'Infanterie dont le but est de donner aux officiers issus de l'école spéciale
militaire interarmes de Saint-Cyr Coëtquidan la qualification propre à leur arme est transférée de Saint-Maixent à Montpellier
et absorbe l'EMI.
L'Ecole d'Application de l'Infanterie est la Maison Mère de l'Arme et le 1er août 2009 devient «Ecole d'Infanterie».
Elle quitte à l'été 2010 Montpellier pour Draguignan, quartier Bonaparte.
Repli sur la Métropole
Service Historique de l’Armée de Terre (Vincennes)
Analyse du carton cote 6U131, école militaire de CherchellProcès-verbal de la réunion tenue le 29 mai 1962 dans le bureau du général Chef de l’Etat-major de l’armée.
But de la réunion : transfert en métropole de l’Ecole militaire d’infanterie de Cherchell.
Décisions : 1) l’école militaire d’infanterie de Cherchell sera transférée à Montpellier au Quartier Guillaut ; elle devra fonctionner à partir du 1er novembre 1962 ; 2) pour alléger la tâche de l’Ecole militaire d’infanterie, les pelotons d’EOR n° 206 et 301 seront instruits par l’Ecole d’application de l’infanterie à Saint-Maixent.
Note du ministre des armées au général commandant la 7e région militaire et au général commandant la 9e région militaire, le 10 août 1962.
L’Ecole militaire d’infanterie de Cherchell doit être transférée en Métropole aux lieu et place du Centre d’instruction du 23e RI de Montpellier qui sera dissous le 1er septembre 1962 (suivent diverses dispositions pour assurer le fonctionnement de l’Ecole militaire d’infanterie de Montpellier dés septembre 1962).
Décret du 3 mai 1963 l’Ecole est élevée au rang de Chevalier de la Légion d’Honneur
« Depuis 1942, a accueilli et instruit 25 000 officiers et Aspirants de réserve.Durant les opérations de guerre et de Libération de 1943 à 1945, puis en Extrême-Orient et en Afrique du Nord, ses anciens élèves ont affirmé les meilleures qualités de chef et d’entraîneur d’hommes.S’ils ont glané les plus beaux titres de guerre, plus de 600 parmi eux ont inscrit leur nom au livre d’Or de l’Ecole.
Citée à l’Ordre de l’Armée en 1950, l’Ecole Militaire d’Infanterie a droit à la reconnaissance du Pays. »
Extrait de l’allocution prononcée le 8 mai 2010 par le général d’armée Elrick IRASTORZA, Chef d’Etat-major de l’Armée
de Terre (CEMAT), ordre du jour n° 26, lors de la cérémonie d’adieux des Ecoles, EAI et EMSAM à la ville de Montpellier :
Au lendemain de la libération, l’école d’administration militaire s’installe en 1946 dans la caserne CHOMBART de LAUWE jusqu’à devenir en 2001 l’école militaire supérieure d’administration et de management d’aujourd’hui.
En provenance de SAINT-MAIXENT, l’école d’application de l’infanterie rejoint à
l’été 1967 la caserne LEPIC, dans laquelle s’était installée en 1962 l’école militaire d’infanterie de CHERCHELL. Ce sont ainsi des milliers de stagiaires qui auront été formés chaque année à Montpellier dans ces deux écoles.
…nos engagements opérationnels mettent en évidence la nécessité d’une intégration interarmes plus forte de nos unités. Or tout cela ne peut s’apprendre que dans un
environnement permettant plus facilement la mise en œuvre combinée de nos équipements et de nos systèmes d’armes les plus lourds.
Au cœur de ce nouveau dispositif de formation, il y aura désormais le vaste camp de Canjuers avec ses 35 000 hectares, ses espaces de manœuvre et de tir pour l’artillerie, les chars de bataille et les tout récents véhicules blindés de combat d’infanterie, son centre d’instruction des missiles, ses simulateurs, à 10 minutes de vol, les hélicoptères de l’école de l’ALAT du Cannet des Maures, et bien sûr, à 25 kilomètres à Draguignan, les infrastructures jusqu’à présent sous employées de l’école d’Artillerie où l’école de l’Infanterie trouvera
naturellement sa place. Tout cela a du sens.
APRÈS 1940, CHERCHELL NE FUT PAS LA SEULE ÉCOLE A FORMER DES CADRES :
Ce site est dédié à l'École de Cherchell mais nous ne pouvons ignorer les centres de formation des Forces françaises libres et ceux des territoires de l'Empire français
isolés de la Métropole, comme ce fut le cas de l'Indochine, qui ont du pourvoir à la formation des officiers.
Le général de Gaulle attachait une grande importance à la formation des cadres , d'où la création l'Ecole de Camberley de plusieurs écoles et pelotons d'élèves officiers.
L'ÉCOLE DE CAMBERLEY
Créée dès l'automne 1940, elle comportait trois pelotons : Infanterie, Artillerie, Chars.
Peloton d'infanterie : 32 élèves officiers.
Peloton d'artillerie : était divisé en brigades A et B, chacune de 18 élèves, soit un total de 36 élèves.
Peloton de chars : Il forma 17 élèves officiers.
L’ÉCOLE MILITAIRE DES CADETS DE LA FRANCE LIBRE
Dès 1940 de très jeunes gens encore adolescents dont de nombreux bacheliers ou élèves de terminale, ont rejoint l’Angleterre et la France libre. Dans l’enthousiasme de leur jeune âge ils considèrent que le combat doit se poursuivre et sont impatients de servir. Mais que faire de ces jeunes qui n’ont pas l’âge de porter les armes ?
Ils sont réunis d’abord au Prytanée de la France Libre à Rake-Manor (Surrey), inspecté deux fois par le général de Gaulle qui s’intéresse de près au sort de ces jeunes. Puis en février 1941, les premiers élèves se retrouvent à Malvern (Worcestershire) pour constituer l'embryon de l'École militaire des Cadets installée dans l'un des bâtiments du collège.
MALVERN HOUSE
Au cours de la troisième visite du général, au mois de novembre, l'Ecole reçoit son fanion. Elle est dirigée par le chef de bataillon André Beaudouin, secondé par le chef d'escadron Louis de Cabrol et René de Lajudie (promotion de Bournazel), directeur de l'instruction.
Première promotion (Juin 1942) : Libération
Après seize mois de formation la première promotion sort en juin 1942. Elle compte quinze aspirants.
RIBBESFORD MANOR
Après ce premier succès, L'Ecole s'installe près de Bewdley (Worcestershire), dans le cadre du manoir de Ribbesford
Deuxième promotion (décembre 1942) : Bir Hakeim
Le cycle d'étude, désormais fixé à deux fois six mois
Elle compte seize officiers. Elle est baptisée par le général de Gaulle en décembre 1942.
Troisième promotion (Juin 1943 ) : Fezzan-Tunisie
Les vingt-sept sortants reçoivent leur nouveau galon des mains du Général en mai 1943
L'Ecole a pris une grande extension : nouveaux bâtiments, annexe excentrée, terrains d'exercice et de sports, la petite ville de Bewdley vit au rythme de ses exercices, de ses permissionnaires et de ses défilés. L'accueil que les citoyens britanniques réservent à ces jeunes exilés continuant d'affluer de tous les horizons ne se démentira jamais au cours de ces quatre années de guerre. Exceptionnel et chaleureux, il marque les Cadets de sa profonde sollicitude et de son respect.
Quatrième promotion (décembre 1943) : Corse et Savoie
Elle compte vingt-six jeunes officiers. Elle est baptisée par le colonel Marchand, commandant supérieur en Grande-Bretagne.
Cinquième promotion (Juin 1944) : I8 Juin
Forte de 120 officiers son baptême est présidé par le général Kœnig.
L'Ecole des Cadets compte près de cent cinquante élèves à cette époque et beaucoup d'entre eux se demandent s'ils sortiront à temps pour combattre.
L’École est dissoute le 15 juin 1944.
Les Cadets paieront cher leur destin exceptionnel : cinquante-cinq des anciens élèves donneront leur vie les armes à la main
Les honneurs décernés seront à la mesure de ce sacrifice volontairement consenti : sept Compagnons de la Libération, la prise de rang des cinq promotions dans la suite glorieuse de celles de Saint-Cyr, dont la 172e promotion prendra le nom de Cadets de la France Libre, la Légion d'honneur, la Croix de guerre, la Médaille de la Résistance et la Croix de guerre luxembourgeoise auréolent son drapeau conservé au Musée du Souvenir de Saint-Cyr Coëtquidan.
Le J.0. du 18 mars 1954, publie le texte de la loi n° 54-292 qui précise : "Les Anciens élèves de l’École Militaire des Cadets de la France Libre ayant satisfait aux examens de sortie de cette École, sont considérés à tous points de vue comme issus de l’École Spéciale Militaire".
L'ÉCOLE MILITAIRE DE TONG (1942 - 1945)
A la veille de la guerre, les forces militaires françaises en Indochine, comprenaient environ 600 000 hommes, dont 12 000 Français et légionnaires européens. Ces forces avaient pour mission d'assurer l'intégrité et la stabilité du territoire indochinois, mais il était prévu, en cas de guerre n'affectant pas l'Extrême-Orient, qu’elles mettraient sur pied un corps expéditionnaire de deux divisions.
Mais après juin 1940 l'Armée française d'Indochine coupée de la Métropole fut complètement isolée. Elle ne devait donc compter que sur elle-même d’autant plus que les Japonais envahirent toute l'Indochine.
C'est dans ce contexte que, suivant les instructions de la métropole, sous administration vichyste, le haut commandement militaire de l'Indochine décida, dès 1942, de créer une école de cadres. Ainsi, fut décidée la création d'une ECOLE MILITAIRE INTERARMES formant des officiers d'active d'infanterie et d'artillerie, au camp militaire de TONG - à 40 km de Hanoï.
Cinq promotions, de 1942 à 1945, sont sorties de l’E.M.I.A. - TONG. Soit au total 109 élèves officiers et officiers-élèves qui se répartirent
de la façon suivante :
- infanterie 60
- artillerie 27
- Saint-Cyr (août 1944-mars 1945) 22
Tous furent nommés sous-lieutenants et affectés ou répartis dans les unités combattantes au moment de l'agression japonaise du 9 mars 1945. Sur 109 officiers, 23 furent tués au combat.
L’attaque surprise lancée par les Japonais mit fin à l'existence de l'école.
L'ÉCOLE INTERARMES D'EXTREME-ORIENT (DALAT) (01.07.46 - 25.12.46)
Après les dures épreuves de la seconde guerre mondiale, la France doit faire face à de nouvelles menaces en Indochine.
A Pâques 1946, 70 futurs élèves-officiers, en Indochine, apprennent leur réussite au concours d’entrée à l’École Militaire InterArmes (E.M.I.A) de Coëtquidan.
Ils ne peuvent être rapatriés sur la France.
Le Général Leclerc, Commandant Supérieur des Forces Françaises en Extrême Orient, décide alors d'ouvrir une annexe de Coëtquidan : l’Ecole Interarmes d'Extrême-Orient Aux 70 élèves admis, il joint de jeunes cadres méritant de concourir pour l'épaulette.
Le ler Juillet 1946, ils sont 180 à rejoindre le camp SAINT-BENOIT à DALAT.
Sous l'impulsion d'officiers choisis parmi les meilleurs de l'Armée Française, ils rénovent les installations, construisant des bâtiments, aménageant des terrains de sport. Tout en menant leur formation d'officier, étudiant les mathématiques et l'économie politique, le combat rapproché et le tir, poursuivant leur instruction tactique de jour comme de nuit.
Le 19 Décembre 1946, la guerre éclate ils ne sont plus alors que 80 sur les rangs, décimés par le rythme intensif et par des décisions de gestion.
L'Ecole est fermée : nommés aspirants, les élèves-officiers rejoignent les unités les plus exposées. En quelques semaines la promotion de l'Ecole Militaire Interarmes d'Extrême-Orient perd dans les rizières un dixième de ses effectifs.
D'autres tomberont encore au combat, en Indochine puis en Algérie.
A leur retour en métropole, les survivants apprendront qu'ils appartiennent à la grande Promotion "INDOCHINE" de l’Ecole Militaire Interarmes de Coëtquidan : 7e série, 05/03/1946 - 01/05/1947