PARCOURS
Pour les anciens cherchélliens le rapide passage à l’École ne représente qu’une étape lointaine de leur carrière.
Celle des armes envisagée de longue date, à moins que leur vocation n'ait pris naissance à l’École même ou dans les premiers pas d’un service militaire, maintenant disparu.
Pour le plus grand nombre leur itinéraire s’est poursuivi dans le civil.
Mais tous, instructeurs ou élèves, passés par Cherchell ou Médiouna en ont été marqués à jamais.
Le parcours de quelques uns est ici rappelé.
Commandant Georges Oudinot, 1ère promotion «Weygand-Cherchell»
Georges Oudinot était sergent au 7e Régiment de Tirailleurs Algériens en décembre 1942 sur le front de Tunisie. Dans son
ouvrage sur l’Ecole de Cherchell, pages 178 et 179, Eric Labayle raconte dans quelles circonstances Georges Oudinot fut dirigé
sur Cherchell :
« Un jour, un sergent, venu de l’arrière avec la corvée de ravitaillement se présenta à son poste et lui déclara qu’il était
chargé de le relever. Sans comprendre la raison de ce brusque changement d’affectation, le sergent Oudinot devait rejoindre
le PC de la compagnie…Une fois sur place, il trouva trois autres jeunes sous-officiers du 7e R.T.A. dans sa situation.
Le capitaine leur annonça qu’ils étaient envoyés à l’école de Cherchell, ce qui ne manqua pas de provoquer le plus grand
étonnement. Non seulement le moment semblait bien saugrenu, en pleine campagne, mais encore aucun des quatre hommes ne savait
où se trouvait Cherchell ! De surcroît, personne ne fut informé des motifs de sa nomination. Cette décision avait donc été prise
à l’insu des intéressés et dans le plus parfait secret. Les ordres étant formels, ils furent ensuite acheminés vers le P.C. du
colonel, où ils reçurent la consigne de rejoindre l’école par leurs propres moyens. En l’absence de liaisons régulières entre
le front et l’ouest algérien, ils durent rallier Sétif en faisant de l’auto-stop auprès des convois américains qui faisaient une
noria incessante entre la Tunisie et l’arrière. Ils purent terminer le voyage de Sétif à Cherchell en train ».
C’est donc dans cette improvisation que Georges Oudinot essuya les plâtres de la promotion « Weygand », la première de Cherchell.
Promu aspirant à la fin du stage en 1943 il prend part, avec le 1er RCP, aux combats pour la libération de la France.
Puis il effectue plusieurs séjours en Indochine, comme lieutenant à la Demi-Brigade SAS (Special Air Service), et comme capitaine
dans les Commandos de réserve générale.
Après le béret rouge des parachutistes il adopte, en Algérie, le képi bleu de la SAS (Section Administrative Spécialisée) des
Beni Douala en Kabylie. Assisté par son épouse Hélène, infirmière, il va obtenir de brillants résultats. Fidèle à la parole donnée
aux populations, il est impliqué dans les évènements de 1961 mais acquitté par le Tribunal militaire spécial.
Georges Oudinot est l’auteur du livre « Un béret rouge en képi bleu-Mission en Kabylie 1956-1961 » dont Alain de Sédouy a tiré
le film « Le destin d’un capitaine », sorti en DVD.
Dans ces deux œuvres Georges Oudinot relate les raisons pour lesquelles après son expérience indochinoise il s’est mis au service
d’une population algérienne sous-administrée. Puis comment il eut à souffrir d’une profonde déchirure morale pris entre deux
fidélités, celle de son état de soldat soumis à la discipline militaire et celle de la parole donnée aux populations.
Le commandant Oudinot est Commandeur de la Légion d’Honneur et titulaire de neuf citations dont quatre à l’ordre de l’Armée.

Commandant Georges Oudinot
Michel Jobert, 1ère promotion « Weygand-Médiouna »
Né à Meknès, au Maroc, le 11 septembre 1921.
Élève du lycée Poeymirau de Meknès.
Diplômé de l’École libre des sciences politiques.
Mobilisé au 6e Régiment de Tirailleurs marocains à Casablanca.
De janvier à mai 1943 il suit le stage de la première promotion Weygand à Médiouna, spécialité « Arme Blindée Cavalerie ».
Avec le 3e Spahis marocain fait partie du Corps Expéditionnaire d’Italie puis de la Première Armée qui débarque en Provence. A été gravement blessé.
Est admis à l’ENA, promotion « Croix de Lorraine », 1947-48.
Intègre la Cour des Comptes en 1949.
Il est conseiller dans plusieurs cabinets ministériels, dont celui de Pierre Mendès-France lorsque celui-ci est Président du Conseil en 1954-55.
Après un retour à son administration d’origine, il collabore avec Georges Pompidou, premier ministre.
Secrétaire général de l’Élysée après l’élection de Pompidou à la Présidence de la République.
Ministre des Affaires étrangères en 1973-74.
Il est contre l’alignement des Européens sur les Etats-Unis, il devient l’homme du “ Non au grand large ”. Il refuse la révision de la Charte du Traité de l’Atlantique Nord
proposée par Washington, lance le dialogue euro-arabe et entreprend des discussions entre les deux rives de la Méditerranée.
Il est pour une Europe unie des nations.
Il soutient Jacques Chaban-Delmas à la présidentielle de 1974.
Fonde le Mouvement des Démocrates et se positionne ni à gauche ni à droite mais « ailleurs ».
En 1981, Michel Jobert soutient la candidature de François Mitterrand.
Ministre d’État en charge du Commerce extérieur de juin 1981 à mars 1983, date de sa démission.
Michel Jobert était très marqué par le Maroc, Pays de son enfance auquel il demeura très attaché ainsi qu’aux marocains.
Il aimait avec passion les paysages du Maroc notamment ceux du Zerhoun. Il est même possible qu’il ait cru à la légende
de la sorcière Aïcha Kendicha… (Voir « L’autre regard », page 217)
Décédé à Paris le 26 mai 2002 à l’âge de 80 ans.

Michel Jobert
Général Jean Salvan, instructeur à Cherchell, 1959-1960
Fils de militaire a vécu ses jeunes années en Tunisie et à Avignon où il est né le 3 mars 1932.
L’invasion de la zone libre par les allemands après le débarquement des alliés en Afrique du Nord en novembre 1942 empêcha
la famille de rejoindre le père reparti en Tunisie après une permission. La séparation dura jusqu’en septembre 1944.
Poursuit sa scolarité primaire, commencée en Tunisie, à Toulouse puis commence ses études secondaires pendant trois ans, de
1943 à 1946, à Pratlong (Tarn).
Il entre en seconde au lycée Mistral d’Avignon et est reçu à la première partie du baccalauréat en juillet 1948.Le conservateur
du musée d’Histoire naturelle lui ayant demandé de l’aider à classer les collections ornithologiques il apprend à noter ses observations.
Admis au Prytanée militaire de La Flèche il est reçu à la deuxième partie du baccalauréat série math’élem’ en 1949 et entre en
classe préparatoire à Saint-Cyr.
Il obtient le baccalauréat de philosophie et il est admis à Saint-Cyr 3e sur 272.
Rejoint Coëtquidan en septembre 1950.
Un passage de quatre mois en corps de troupe est un préalable obligatoire : il choisit le 7e Bataillon de Chasseurs Alpins alors
en occupation en Autriche. Puis c’est la formation à Coëtquidan de février 1951 jusqu’au baptême de la promotion De Lattre en
juillet 1952.
A l’amphi armes il choisit l’infanterie coloniale et fait acte de candidature pour le brevet parachutiste.
Il rencontre Elvire pendant l’été.
En octobre 1952 il rejoint l’Ecole d’Application de l’Infanterie à Saint-Maixent.
Sort huitième au classement final et aspire à servir en Indochine dans les parachutistes coloniaux.
En octobre 1953 il rejoint la 1re demi-brigade de parachutistes coloniaux.
Stage à Pau à l’École des Troupes Aéroportées (ETAP).
Se marie en novembre 1953 avec Elvire.
Janvier 1954, encadrement des recrues à Mont-de-Marsan, centre d’instruction des parachutistes coloniaux.
Mai 1954, stage de moniteur parachutiste à Pau.
21 juillet 1954, après le désastre de Diên Biên Phu, signature de l’armistice de Genève. Il n’ira donc pas en Indochine et a
« l’impression de manquer une grande aventure ».
1er novembre 1954, début de l’insurrection algérienne. Il n’est pas des premiers bataillons partant pour l’Algérie. Ayant
déjà « manqué » l’Indochine il fait part de sa déception au général Gilles qui lui dit :
« Mon cher Salvan, la nature humaine étant ce qu’elle est, vous aurez votre part, et peut-être plus que votre part, de
combats et de guerres ».
Mars 1955, naissance de son premier enfant : Christophe.
Affecté à Brazzaville, au GCCP, Groupe colonial de commandos parachutistes d’AEF-Cameroun, il embarque à Bordeaux le 3 Juin 1955
à bord du « Brazza » à destination de l’Afrique Equatoriale française. Chef de section, il participe aux manœuvres au Congo et les
pays voisins, à deux opérations de maintien de l’ordre et étudie l’anglais et le russe.
Son épouse et Christophe le rejoignent en octobre 1955.
Septembre 1956, naissance de son deuxième enfant : Magali.
Le 9 octobre 1957 il embarque avec son épouse et ses deux enfants sur le « Foucault » à destination de la métropole.
Le 2 décembre 1957 il débarque à Alger avec une affectation au 2e RPC. Maintien de l’ordre à Alger et la Mitidja puis diverses
opérations dans l’Algérois et à partir de fin avril 1958 dans le constantinois.
Près de l'Oued ISSER, 18 Mars 1958, avec le radio Semence
Grièvement blessé à la face, perte de l’œil droit, au soir du 29 mai 1958 au cours de l’opération Toro III, à l’ouest de
Guelma, près de l’oued Bou Hamdane.Il n’est secouru que le lendemain matin.
Non loin de là dans l’après midi de la même journée du 29 mai, au cours de la même opération, le colonel Jeanpierre, commandant
le 1er REP, qui dirigeait ses troupes en les survolant trouva la mort son hélicoptère alouette ayant été abattu.
Evacué sur l’hôpital de Constantine puis l’hôpital Maillot à Alger puis rapatrié sanitaire en métropole. Il subit en un an
plusieurs interventions chirurgicales réparatrices à l’hôpital Foch de Suresnes.
Il se remet à l’étude de l’anglais et du russe et s’inscrit à la faculté d’Orsay.
Nommé instructeur à l’École Militaire d’Infanterie de Cherchell, il prend ses fonctions fin mai 1959 comme chef d’une section de
la promotion 904 qui en est à la moitié de son stage.
Il déclara aux EOR :
« Ma tâche est de vous former comme chefs de section de combat. J’ai déjà eu l’occasion de voir quels
désastres peuvent provoquer des chefs de section hors de forme physique, incompétents ou farfelus. Je compte vous amener
au point où vous éviterez les pertes stupides, et où vous en infligerez à l’adversaire. Mon but n’est pas, en bachotant, de
faire sortir toute la section en tête de la promotion, mais de détecter ceux qui seront incapables, en situation de crise, de
s’imposer à une trentaine de jeunes français, et alors de les éliminer.
Pour moi, les matières importantes sont le combat, le tir, l’entraînement physique. Je serai probablement injuste, mais j’estime
ne pas pouvoir prendre de risques : les mères de jeunes français doivent savoir que leurs enfants ne sont pas confiés à
n’importe qui. Vous me trouverez dur, mais même si la solidarité de la section se fait contre moi, l’important, c’est que vous
vous découvriez solidaires. Bonne chance à tous. »
Son épouse et les enfants le rejoignent le 5 juillet.
Il découvre que les EOR, dans leur majorité sont surtout motivés par la sortie dans un classement permettant d’accrocher le
grade de sous-lieutenant et la solde qui l’accompagne et la possibilité de choisir un régiment réputé « tranquille » de préférence
en Métropole ou en Allemagne.« Les parachutistes, la Légion n’attiraient que les convaincus et ceux qui envisageaient de faire
carrière dans l’armée ».
Il y avait aussi quelques mystiques tentés par l’aventure saharienne.
En ce qui concernait l’avenir de l’Algérie « ils ne cachaient pas leurs souhaits : s’en
débarrasser au plus tôt, finir la guerre à n’importe quel prix et gagner leur vie… ».
A partir de la mi-septembre 1959 il est affecté à l’encadrement du peloton 001 qui portera le nom de promotion
« Lieutenant-colonel Jeanpierre ».
Il prépare par correspondance l’École d’État-Major et passe son 3e degré d’anglais.
Le commandement d’un peloton IMO (Instruction Militaire Obligatoire) lui est confié. Ce peloton était formé d’élèves de
grandes écoles admis comme aspirants officiers puis sous-lieutenants qui devaient recevoir une formation militaire.
CHERCHELL, 11 Novembre 1959: le peloton IMO, à gauche,le Lt Vaillant
Alors que ce peloton était en stage à Arzew un incident se produisit, un instructeur ayant cru devoir sans ordre semble-t-il
traiter maladroitement le problème de la torture. Jacques Julliard, l’un des élèves admis au stage au titre de l’École
normale supérieure, devenu journaliste au Nouvel Observateur a écrit à ce sujet :
« Les discussions se poursuivirent les jours suivants, notamment avec le lieutenant qui dirigeait notre section depuis
Cherchell. Beaucoup d’autorité et de stature, de la culture, le visage et le corps couturés de cicatrices reçues au
combat, il jouissait chez nous d’un grand prestige. Ce baroudeur, qui était aussi un chrétien convaincu, nous déclara
qu’il n’avait jamais pratiqué la torture, ne la pratiquerait jamais, et que l’on pouvait faire cette guerre sans se
déshonorer.
J’ai plaisir à citer le nom de cet officier qui est resté mon ami, et qui devait ensuite commander les forces de l’ONU au
Liban, où il fut de nouveau blessé : c’est le général Jean Salvan ».
28 janvier, naissance du 3e enfant : Nicolas.
Le 1er mars 1960 il prend le commandement de la 1re compagnie de la promotion d’EOR 004 « Monna Casale » dont le stage
débuta le 8 mars.
Promu capitaine le 1er juillet et reçu à l’École d’État-Major.Il fait partie d'une série pour laquelle les cours sont différés d'un an.
Quelques jours avant son départ de Cherchell il rencontra le capitaine Gildas Lebeurier du 2e RPC et lui demanda ce qu’il
pensait des aspirants formés à Cherchell.
-Ils sont mieux préparés à la guerre d’Algérie que les officiers d’active venant de Coëtquidan et de Saint-Maixent.
Mais de quelque façon que l’on prenne le problème, seule la guerre apprend la guerre, et il y aura toujours une période d’adaptation.
Départ en permission pour la France le 2 septembre 1960 sur l’El Djézaïr.
Retour en Algérie : affecté au 8e RIMa dans le Sud –Oranais il embarque à Marseille le 21 octobre et rejoint le régiment vers
Aïn Sefra (La source jaune) dans la région des Ksours (1) .
Aïn Sefra est la bourgade présaharienne où périt Isabelle Eberhardt, poétesse et écrivain convertie à l’Islam, lors de la crue du
21 octobre 1904.Cette région est sujette à des inondations subites dont la dernière eut lieu en octobre 2007.
Le 1er novembre 1960 il prend le commandement de la 2e compagnie basée 80 km à l’est, à Boussemghoun.
Il s’emploie à faire de cette unité d’appelés des combattants exemplaires, malgré l’insuffisance de moyens matériels : le parc
auto est à bout de souffle, les GMC souvent en panne, les postes radios défaillants. Les chaussures sont en piteux état, les treillis
sont élimés.
Jean Salvan qui avait perçu « un paquetage miteux » se retrouve une fois à diriger la manœuvre les « fesses à l’air » et une autre
fois répare son pantalon déchiré avec des épingles !
« …échanger une paire de chaussures ou un treillis provoquait un drame au magasin du corps ».
Seuls quelques soldats avaient des sacs de couchage achetés sur leurs deniers.
Ayant précédemment servi au 2e RPC il est à même de constater la différence de traitement avec les régiments de
parachutistes et de légionnaires.
Le cantonnement de la troupe est spartiate : sous la tente, alors que le régiment occupe les lieux depuis près de deux ans, pas
de feuillées,, éclairage avec des lampes à carbure…A tout cela s’ajoutaient des problèmes de sous-effectifs et d’insuffisance
d’encadrement. (2)
Les rebelles sachant que le sort de l’Algérie se jouait sur le terrain diplomatique ne recherchaient plus le contact.
Il n’y avait donc plus de grandes opérations qu’ils n’étaient plus en état de mener sauf en cas de franchissement du barrage.
Mais accrochés ils se battaient avec détermination.Quelques jours avant la prise de commandement la 2e compagnie avait accroché
des rebelles et avait eu deux tués et deux blessés
Le plus frustrant était que lorsque survenait un saccrochage, « la Division ou le Secteur arrêtait le régiment, car il ne fallait pas exposer les
appelés. On héliportait alors, selon les jours, une unité de légion ou un commando de la Marine, Georges ou Cobra, qui faisait le bilan ».
Jean Salvan se refusait d’être « le valet d’armes de commandos ».Car selon son expression il voulait pour sa 2e compagnie « forger un moral
de vainqueurs ».Cette même volonté de faire des troupes qui lui sont confiées des « vainqueurs » se retrouve à Cherchell, Brazzaville et ailleurs.
En décembre 1960, s’adressant aux marsouins qui avaient terminé leur service il dit : « …je vous remercie pour le service que
vous venez d’effectuer. Ce n’est pas facile de vivre comme vous l’avez fait pendant plus de deux ans, à escalader des montagnes, à
courir après l’ennemi, dans un pays torride en été, glacial en hiver, sans beaucoup de ravitaillement et de matériel, ni de courrier.
Ce n’est pas facile d’être à plus de mille kilomètres de sa famille, de ses copains et de sa fiancée. Ce n’est pas facile de voir
à 20 ans des copains mourir. Vous l’avez fait et l’avez bien fait : c’est utile pour l’Algérie et pour la France. Ce que je vous demande
maintenant, c’est de ne pas raconter n’importe quoi, et en particulier ce que vous n’avez pas constaté personnellement. Trop de gens
« racontent des coups » après quelques mois en Algérie…Vous avez assez de souvenirs vrais, de notre travail, de nos efforts, de notre
camaraderie, pour le restant de votre vie : ça racontez-le.Et sachez que je vous reverrai toujours avec plaisir ! »
Du 15 janvier au 14 février relève de deux compagnies du 6e régiment de tirailleurs dans la région du col de Hafir au sud-ouest
de Tlemcen. La mission était d’intervenir en cas de franchissement du barrage ouest.
Après un retour à Boussemghoun nouveau mouvement vers le nord le 17 mars. Cette fois il s’agit d’un départ définitif.
La 2e compagnie s’installe à Beni Abir au sud de Marnia avec comme voisin à l’ouest le 22e RIMa qui tenait le barrage (3) .
Rien n’était prévu pour le cantonnement. Des baraques sont construites tout en poursuivant les missions habituelles de patrouille, d’embuscades et
d’alertes sur le barrage.Une partie des matériaux est fournie, pour le reste il s’agit de « prélèvements » effectués sur des chantiers.
« Tous mettaient la main à la pâte », ce qui contribuait à renforcer la cohésion des marsouins, en leur donnant un esprit de corps.
Du 31 mars au 17 avril, permission en France.
En son absence la compagnie avait accroché, à trois reprises, une katiba ayant franchi le barrage. Le bilan était impressionnant
et Salvan, tout en regrettant de n’avoir pas été là pour diriger le combat, se félicitait de constater que la 2e compagnie
s’était remarquablement comportée et que les efforts de formation avaient été payants.
A son retour, les négociations d’Evian sèment le trouble parmi les soldats, caporaux et sergents musulmans qui commencent à s’interroger
sur leur avenir.
Au matin du 22 avril 1961, apprenant le putsch des généraux, il estime que ce mouvement est voué à l’échec car les appelés
« ne marcheraient pas », craignant d’être maintenus sous les drapeaux, d’être coupés de la métropole alors qu’ils n’aspirent
qu’à terminer leur service, pour entamer une carrière, se marier, avoir une voiture, partir en vacances et tourner la page de l’Algérie.
Et de fait devant la détermination de de Gaulle qui était prêt à « employer tous les moyens pour barrer la route à ces hommes-là
en attendant de les réduire », la sédition s’essouffla et se termina.
Le 25 avril, un hélicoptère armé de la marine, par erreur, « matraque » au canon de 20mm une section de la 2e compagnie
alors que l’assaut allait être donné sur un groupe rebelle ayant franchi le barrage : 10 blessés. Cette opération fut mal
conduite, la position des troupes amies incertaine, d’où la méprise et un bilan très lourd : 21 tués et 56 blessés ; 38 tués
et 22 prisonniers dans les rangs rebelles.
Du 7 mai au 10 juillet nouveau séjour en France : stage des capitaines à Saint-Maixent et au Valdahon.
Quitte le 8e RIMa et embarque pour la France le 26 septembre 1961 sur le ville d’Oran. Le destin de l’Algérie sans la France lui
apparaît comme certain. Il a un sentiment amer de « gâchis de richesses, d’hommes, de bonne volontés » et se pose la grave
question de la suite de sa carrière.
BENI ABIR, jour du départ, septembre 1961
École d’Etat-major du 8 octobre jusqu’à la mi-1962.
1er août 1962 naissance du quatrième enfant : Fréderic.
Nouveau séjour à Brazzaville, où Elvire et les enfants le rejoignent, d’abord à l’état-major de la Zone d’Outre-mer n° 3 du 8 août
au 27 novembre 1962, puis au Tchad, à Abéché, au Groupement Motorisé 23 (GM 23).
TCHAD 1963, séance d'instruction, le Lt Clair avec des lunettes
Le 24 novembre 1963, Elvire rentre en France pour donner naissance le 15 février 1964 au cinquième enfant, Guillaume, et elle est
de retour en mars.
Après la dissolution de la garnison d’Abéché c’est le retour en France le 6 février 1965.
24 juillet 1965, affecté à l’état-major du Groupe d’Armées Centre de l’OTAN.
École de Guerre, 1967-1969.
Nommé commandant en second du 2e RPIMa à Madagascar il s’envole pour la Grande Île avec sa famille le 11 août 1969.Le camp
des parachutistes portait le nom de Claude Barrès tué en Algérie le 26 mai 1959 .Le peloton 102 de Cherchell fut
baptisé en avril 1961 « Capitaine Claude Barrès ».
Du 14 août 1971 au 10 août 1974 : Officier de liaison aux Etats-Unis à Fort Benning en Géorgie. Nommé lieutenant-colonel
le 1er décembre 1972.
Le 21 août 1974 départ de New York à bord du France.
Professeur à l’école de guerre, 1974-1976.
Août 1976 : Chef de corps au 3e RPIMa, l’ancien régiment de Bigeard, à Carcassonne.
Casques bleus au Liban, 1978, où il fut très grièvement blessé.
LIBAN,BORJ RAHAL 30 Avril 1978: sur les positions israéliennes abandonnées
COUR DES INVALIDES, 28 SEPTEMBRE 1978: Remise de la cravate de commandeur de la Légion d'Honneur par le Président Valéry Giscard d'Estaing, à droite le Colonel Erulin
Le Centre des Hautes Études Militaires(CHEM) et l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale(IDHEDN), 1979-1980.
Le 14 juillet 1980 il rejoint Châlons-sur-Marne où il est nommé adjoint au Commandant de la 10ème Division Blindée et
la 63ème Division Militaire Territoriale. Nommé général de brigade le 1er décembre 1980.
Le 30 juin 1982 il quitte Châlons-sur-Marne pour prendre le commandement de la 42ème Division Militaire Territoriale à Poitiers
qui s’étend sur les quatre départements de la région Poitou-Charentes. A Poitiers, il rencontre le préfet Fougier
« un haut fonctionnaire de premier plan, qui devint ensuite préfet de police de Paris » (4)
Le 26 septembre 1983 il prend le commandement de la 1re Division blindée à Trèves en Allemagne.
Il fut en 1985-1986 Adjoint au Général Commandant la 1ère Armée, et chargé d'un cours à l'Institut d'Études Politiques de
Strasbourg, sur le Thème "Société et Défense".
Le 1er septembre 1986 il devint chef de la Mission Militaire Française auprès du Commandement de l'OTAN en Centre-europe, à Brunssum
aux Pays-Bas.
Promu Général de Corps d'Armée, il prit le 17 décembre 1988 le commandement de la IVème Région Militaire à Bordeaux.
Bordeaux 1989
En désaccord avec Monsieur Joxe, ministre de la défense, sur les conséquences des réductions du budget des armées, il demanda
à être placé en 2e section, retraite des généraux, le 29 septembre 1991.
Depuis 1964, à la suite de travaux sur la faune africaine et malgache, il est membre correspondant du Muséum d'Histoire Naturelle (5).
De 1989 à 1994, il donna à l'Institut d'Études Politiques de Bordeaux un cours sur "la problématique de la défense".
De 1995 à 2002 il a présidé l'association Les Gueules Cassées.
Avant sa dernière blessure, il pratiquait le judo (2e dan), le parachutisme (plus de 600 sauts), le grand fond sur marathon
et sur 100 km (9 heures 27 mn à Condom en 1977).
Le général Jean Salvan est Grand Officier de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Ordre du Cèdre du Liban, décoré de la Croix
d'Honneur en Or de la Bundeswehr et de la Croix de la Valeur Militaire.
NOTES :
1.Dans cette région, en avril 1881, eut lieu la révolte de Bou Amama (de son vrai nom : Mohamed Ben Larbi Ben Brahim), issu de la
grande tribu des Ouled Sidi Cheikh. Il a été affublé de ce nom parce qu’il portait un turban (amama en arabe).
2.Voir « Technique et logistique en guerre d’Algérie », Frédéric Médard, préface du Professeur Jean-Charles Jauffret,
Éditions Lavauzelle-2002.
3.le 22e RIMa était en 1959 dans ce secteur et Jean Mourot chef du poste des térébinthes.
4.Fougier peloton 16 de Cherchell.
5. Malgré une activité militaire intense Jean Salvan s’est intéressé à la faune, principalement les oiseaux, et à la flore
des pays où il a vécu. Déjà en Algérie, il note la présence de graves au bec rouge (genre de corvidés), des outardes
houbara (espèce de dindes), des perdrix gambra, des aigles de Bonelli, etc. Au Tchad, il procéda à un inventaire de
l’avifaune, mal connue, en liaison avec les chercheurs du Muséum d’histoire naturelle de Paris.
A Madagascar avec l’aide de l’ORSTOM (Office de la Recherche Scientifique et Technique Outremer) il s’intéressa à la
faune et la flore du pays.
Colonel Jean Marey, commandant l'Ecole de Cherchell, janvier 1958-janvier 1959
Jean Marey naquit le 11 novembre 1906 dans le petit village de Leignecq commune de Merle, dans le Haut-Forez.Dernier né de six
enfants dans une famille de paysans, il alla d’abord à l’école de son village. Puis, sur les recommandations de son instituteur
et la pression sur leur père de ses frères aînés qui avaient dû se mettre au travail très jeunes, il entra à l’École Supérieure à
Saint-Etienne (l’équivalent de l’actuel collège), puis à l’École Normale d’instituteurs de Montbrison (Loire).
Il aurait voulu entrer dans l’armée mais il n’avait pas le choix : instituteur ou au travail…Après sa sortie de l’École Normale, major
ex-æquo, il fit son service militaire, puis le peloton d’E.O.R. à Saint-Maixent grâce à la préparation militaire qu’il avait suivie
pendant sa dernière année à l’École Normale.
Revenu à la vie civile, quelques mois d’enseignement, lui confirmèrent que sa vocation était toujours aussi vive. Il reprit donc du
service au 121e Régiment d’Infanterie à Montluçon (Allier) en 1929 et prépara le concours d’entrée à l’École militaire de Saint-Maixent.
Il le réussit et y entra comme E.O.A.
En 1933, il sort major de sa promotion et rejoint le 121e R.I. à Montluçon qu’il quitte en 1935 pour aller au centre d’instruction de
La Valbonne. En 1936, il repart à Saint-Maixent comme professeur d’histoire militaire.
En 1939, déclaration de guerre. Il y gagne ses galons de capitaine et la croix de guerre. Évacué de Dunkerque sur l’Angleterre, il revient
immédiatement en France. Dès son retour sur le sol français, et après avoir retrouvé quelques bribes de son régiment, il échappe de très
peu à la capture en fuyant avec un de ses camarades, alors que leur colonel et les quelques officiers qui étaient avec eux se laissent
faire prisonniers. Les deux évadés mettront deux semaines pour regagner la zone libre, tout en cherchant sur leur parcours à retrouver
des éléments de l’armée française.
D’octobre 1940 au printemps 1941, il est officier instructeur à Aix-en-Provence où sont repliées les Écoles militaires de Saint-Cyr et
Saint-Maixent, puis il est muté au 5e Régiment d’Infanterie à Saint-Etienne, où il est adjoint au colonel de Foville.
Il commence alors à militer dans les premiers mouvements de Résistance (Mithridate, O.R.A…) et commence à constituer ses
premiers réseaux de renseignement. Lors de la dissolution du 5e R.I., à l’invasion de la zone libre il enlève le drapeau de son
régiment pour qu’il ne tombe pas aux mains de l’ennemi, et le cache à la cure de l’église de Saint-Louis, d’où il ne ressortira
qu’en août 1944 pour être à l’honneur lors de la prise d’armes à Saint-Bonnet-Le-Château (Loire), au lendemain de la victoire d’Estivareilles.
A l’invasion de la zone libre, placé en congé d’armistice, il est replié à la subdivision militaire de Saint-Etienne. Ses activités
de résistant se sont confirmées. Début 1943, il est nommé Chef départemental de l’O.R.A., puis Chef départemental de l’Armée Secrète
de la Loire, le 1er octobre 1943.A la fin de ce même mois, il échappe de peu à la Gestapo venue l’arrêter à son domicile.
Il entre alors dans la clandestinité, suivi de son épouse qui était à ses côtés depuis le début de ses activités de résistant.
Il organise les maquis de l’Armée Secrète en unités combattantes, parfaitement structurées, et opère sous différents
pseudonymes : Marceau, Pontcarral, RV (Hervé).
En avril 1944, il est nommé Chef départemental F.F.I. et, le 12 juillet, il est promu commandant, promotion régularisée
le 25 décembre 1944.Le 21 août 1944, il obtient la reddition d’une colonne allemande se repliant depuis Le Puy, forte de plus
de 800 hommes, faisant de ce fait d’armes d’Estivareilles un lieu symbolique de la Résistance.
Il va continuer la lutte avec « son » Armée Secrète au cours des combats pour la libération de Lyon, où il fait la jonction avec
la 1ère D.F.L. du général Brosset, le 3 septembre.
Le 15 décembre 1944, il repart avec ses G.M.O. (Groupes Mobiles d’Opération) regroupés sous le nom de Bataillon Sambre et Meuse,
sur le front des Alpes.
En avril 1945, il reforme le 24e Bataillon de Chasseurs Alpins et en prend le commandement.
Puis c’est la période d’occupation en Allemagne : Lindau sur les bords du lac de Constance, puis Landau (Palatinat).
Dans la deuxième moitié de l’année 1946, il quitte le commandement du 24e B.C.A. et il est nommé Chef d’État-major de la 6e Demi Brigade
de Chasseurs Portés à Edenkoben (Palatinat).En septembre 1947, il est muté à Vienne (Autriche) comme Chef d’État-major des troupes
d’occupation de Vienne. Il quitte ce poste en 1950 pour revenir en France où il exerce jusqu’en 1953 la fonction de professeur
d’Infanterie à l’École d’Application du Génie à Angers ( Maine et Loire).
Promu lieutenant-colonel en 1953, il part pour Oran (Algérie) prendre le commandement du 2e Régiment de Zouaves, jusqu’en octobre 1955
où il est muté à Alger comme adjoint au colonel commandant le secteur Alger-Sahel.
En janvier 1958, promu colonel, il prend la direction de l’École Interarmes de Cherchell.
En février 1959 il prend le commandement du 23e R.I. à El-Milia, dans le Nord- Constantinois, où il est assassiné le 28 mars 1959.
Décorations : Officier de la Légion d’Honneur, Croix de guerre avec palmes, médaille de la Résistance, Croix de la Valeur
Militaire avec palmes, commandeur de la Légion d’Honneur à titre posthume.
Evelyne Marey remet à Gérard Courtade, Président de l'Amicale des Anciens de Cherchell, le sabre de son père, le Colonel Jean Marey
Saint-Etienne, 3 avril 2009

Le sabre, les médailles, les insignes et les galons du Colonel Marey
Sur la lame du sabre "Au S/s Lieutenant MAREY Jean Major de la Promotion 1930-1932"

La tombe et la plaque de la Résistance au cimetière de Saint-Hilaire-Cusson-la-Valmitte(Loire)
Photos EOR Ribeyron, promotion 203 "Elève-officier André Esprit"
Capitaine Gérard de Cathelineau, 5e promotion « Rhin français » 1944-1945
C'est à Paris, le 23 janvier 1921, que Gérard de Cathelineau est né. Face à l'École militaire. Quelques années plus tard, son
cartable sous le bras, il se dirige vers l'école du Champ-de-Mars. École militaire, Champ-de-Mars, signes du destin ?
Sur les bancs de la classe, il découvre, pendant le cours d'histoire, un autre Cathelineau prénommé Jacques, sans
particule nobiliaire. Celui que les Vendéens appellerons le « saint de l'Anjou » n'était encore qu'un modeste voiturier
au Pin-en-Mauges. La chouannerie allait en faire l'un de ses chefs. L'Histoire conserve également le nom d'autres Cathelineau
et le souvenir de leur service au pays.
Gérard veut être digne de ses ancêtres. Ses études secondaires terminées, il hésite sur l'orientation à prendre.
Il souhaite se consacrer à une grande cause, servir sa Patrie. Il opte, après avoir été un moment séduit par la
médecine, pour la carrière militaire.
Il se prépare à Saint-Cyr. La guerre est déclarée. A la mi-octobre, il entre au Prytanée de La Flèche. Il a 18 ans.
L'armistice de 1940 vient interrompre sa préparation à Cyr. Il y est reçu en septembre 1942 et rejoint Aix-en-Provence.
Il y reste 50 jours. La violation de l'armistice par les allemands entraîne la fermeture de l’École.
Il participe alors à l'organisation d'un groupe de résistance, s'engage comme volontaire dans les chantiers de jeunesse, enfin
est affecté, au moment du débarquement de 1944, à un escadron de cavalerie, comme brigadier-chef. Il est décoré de
la Croix de guerre avec étoile de bronze : « Faisant fonction de sous-officier de renseignement a montré en toutes
circonstances un mépris absolu du danger et accompli ses missions avec intelligence. Au combat de Chemillé, chargé de nettoyer
une colonne allemande à la grenade, a anéanti deux camions.»
Octobre 44, le gouvernement provisoire décide de regrouper les saints-cyriens des promotions 42, 43 et 44 afin de
terminer leur instruction à l'École interarmes de Cherchell. Il la décrit ainsi : « Face à la mer d'un bleu immense, avec, à
l'arrière, des monts rouges, farouches de beauté dont la cime semble désigner leur Créateur, Cherchell me fait un large accueil.»
A Cherchell, il apprécie « les conditions de vie dure, austère, intense » qui lui sont faites. « Il importe, écrit-il, que ceux
qui ont la vocation militaire « essaient de se mouler au masque de ce corps d'ascète que doit être l'armée.»
Ainsi définit-il le chef militaire : « L'officier, c' est un seigneur qui s'impose par sa supériorité morale, son
bon sens cultivé et sa conduite souriante. Il est à la fois un juge et un entraîneur. Il connaît son métier de façon
approfondie, synthétique, analytique. Il a un esprit sans cesse en éveil...»
Avril 45, le stage de la cinquième promotion s'achève. Elle porte le nom de Rhin français. Gérard de Cathelineau quitte
Cherchell avec le grade de sous-lieutenant. Le jeune officier est affecté à Puttlingen en Sarre. Il s'applique à ce que
l'armée d'occupation se conduise avec dignité. En octobre 46, il reçoit le grade de lieutenant.
Début janvier 48, il gagne l'Indochine. Vers la fin de l'année, il est grièvement blessé à la jambe. La citation indique :
« Jeune et brillant officier, qui à la tête d'une compagnie de chasseurs cambodgiens s'est distingué le 12 décembre 1948, au
cours d'une opération dans le Pnom-Norom ( province de Kampot, Cambodge ) où son unité a surpris dans son camp une bande de
rebelles, lui infligeant des pertes et lui prenant de nombreuses armes locales, une grosse mine, des documents et un important
matériel. A été blessé grièvement au cours de l'action.»
Après 28 mois d'Indochine, il retourne en France. Court séjour au 8e B.C.P. à Epernay, puis à Wittlich. Suit les cours d'état-major
à l'École de guerre. Repart pour l'Extrême-Orient, le 26 mars 1954, avec le grade de capitaine, à titre de conseiller
à l'état-major général des forces khmères ( 3e bureau). Deux mois plus tard, il reçoit le titre de chevalier de
l'ordre royal khmer et une citation à l'ordre de l'armée. Après 15 mois de séjour indochinois, il quitte définitivement le pays.
Il va pendant un an commander un centre d'instruction à Bourg-Saint-Maurice dans un bataillon de chasseurs alpins.
Novembre 1956, cette terre d'Afrique vers laquelle il s'est toujours senti attiré, l'appelle. Le capitaine de Cathelineau
s'embarque pour l'Algérie. Arrivé à Tizi-Ouzou, où se trouve l'état-major de la 27e D.I.A., il refuse la place qu'on lui propose
et demande « qu'on lui fasse la confiance de lui donner un poste de commandement ». Ce qui lui est accordé. Quelques
jours plus tard, le 3e bataillon du 121e R.I. l'accueille à Beni-Douala.
Très rapidement son exceptionnelle valeur est reconnue par ses chefs et ses hommes. Nouvelle citation, à l'ordre de la
brigade : « 11 rebelles armés mis hors de combat, 13 terroristes arrêtés, 31 armes récupérées ».
Les opérations se succèdent jusqu'au 12 juillet 1957. Ce jour-là, tout avait pourtant bien commencé. Une grotte défendue
par des rebelles, dans la région de Tamagoucht ( Grande-Kabylie ) venait d'être réduite. Le groupe, commandé par
Cathelineau, poursuit son action et tente d'anéantir une seconde grotte. Une rafale crépite. Touché à la gorge, à la
poitrine et aux jambes, le capitaine a encore le courage de faire de son corps un rempart, sauvant ainsi, avant de
mourir, un de ses sous-officiers.
Sur son cercueil, on dépose la croix de chevalier de la Légion d'honneur et celle de la Valeut Militaire.
Il avait trente-six ans.
Il venait de Cherchell lui aussi. Il avait toujours placé sa confiance dans la jeunesse. Il était l'image parfaite
de ce que doit être l'officier. Il est tombé en Algérie. C'est pour cela que les sous-lieutenants et aspirants
de la promotion 202 ont choisi comme nom de baptême celui de « Capitaine Gérard de Cathelineau ».
Extrait du livret de promotion
Commandant Raymond Muelle, Cherchell, 2e promotion « Tunisie » 1943
Né en 1921, lycéen à Orléans pendant la débâcle de 1940, Raymond Muelle choisit le combat. Il passe en zone libre puis en Espagne
cherchant à rejoindre l’Angleterre. Mais il est refoulé vers la France.
Passager clandestin sur un bateau qui ramenait des tirailleurs rapatriés sanitaires. Il débarque à Oran en novembre 1940.Son idée
est de rejoindre Gibraltar en passant par le Maroc espagnol. L’entreprise s’avère impossible.
Il s’engage dans l’armée de l’Armistice au 3e régiment de spahis marocains.
Après plusieurs nouvelles tentatives de joindre l’Angleterre en gagnant Gibraltar il est muté au Sénégal. Il y reste 18 mois
aux Chasseurs d’Afrique.
Après la libération de l’Afrique du Nord il est désigné pour intégrer comme élève l’École de Cherchell. Il fait partie de
la 2e promotion « Tunisie » et sort aspirant en septembre 1943 et retrouve son ancien régiment, le 12e chasseurs d’Afrique
à Mascara et à Saïda.
En mai 1943 s’était achevée la dure campagne de Tunisie au cours de laquelle l’armée française, principalement constituée d’unités
d’Afrique du Nord, a repris sa place dans la guerre au côté de ses alliés.
Après la conquête de la Sicile par les anglo-américains ce fut le débarquement de la Ve armée américaine, général Mark Clark, en
Italie, à Salerne. Le Corps Expéditionnaire d’Italie rejoint les alliés en novembre 1943.
Impatient d’en découdre Raymond Muelle quitte le 12e régiment de chasseurs d’Afrique qui avait été rattaché à la 2e DB, et se
présente au Ier Bataillon de Choc à Staouéli.Cette jeune formation composée de volontaires : évadés de France, français d’Afrique
du Nord, légionnaires, avait déjà à son actif la campagne de Corse en septembre-octobre 1943.Puis ce fut l’île d’Elbe.
La nouvelle page de la guerre que Raymond Muelle ne veut pas manquer sera certainement la France.
Et, début août 1944 il est parachuté dans la Drôme, au sud du Vercors dont le maquis vient d’être anéanti par les allemands.
Cette mission correspond à la vocation des « Chocs » qui agissent sur les arrières de l’ennemi par des coups de main, des
embuscades, des harcèlements. En liaison avec les maquis FFI plusieurs actions sont menées en prélude au débarquement de
Provence qui a lieu le 15 août.
Dès lors les « Chocs » de la section Muelle se dirigent vers la route Napoléon, s’emparent de Monestier, Pont-de-Claix et entrent
le 22 août dans Grenoble évacué par les allemands.(1)
Le 1er bataillon de Choc débarque le 19 août et participe à la prise de Toulon. La section Muelle le rejoint à Dijon le 11 septembre.
Puis ce furent les durs combats de Haute-Saône (2) , de Belfort, les campagnes d’Alsace, d’Allemagne et d’Autriche.
Après la Libération Raymond Muelle intègre l’armée active dans la Légion étrangère.
Lieutenant au 2e Bataillon Étranger de Parachutistes il fait deux séjours en Indochine.
Le 15 décembre 1954 le 11e Bataillon Parachutiste de Choc est projeté en Algérie. Le PC du Bataillon, aux ordres du colonel
Decorse, s’installe dans un bordj du 5e Tirailleurs à Dra El Mizan (Kabylie). Le capitaine Muelle qui venait de quitter l’Indochine
en septembre s’était fait affecter au 11e Choc où il est officier de renseignement. Il remplira par la suite diverses autres fonctions
au sein de la même unité.
Grièvement blessé au cours d’un accrochage il passe un an en métropole.
A partir de 1957, chef de bataillon, il effectue de nombreuses missions au service Action du SDECE (Service de Documentation Extérieure
et de Contre-Espionnage), les liens entre le 11e Choc et ce service étant étroits.
En octobre 1962, bien que n’ayant pas rejoint ceux qu’on appela « les soldats perdus » il fut arrêté et inculpé de complot contre la
sûreté de l’Etat et de détention illégale d’armes. Il semble qu’on lui ait reproché d’avoir conservé des liens d’amitié avec certains
soldats rebelles. Quant à la détention d’armes il était dit-il collectionneur, mais il ajoute avec humour : « Bon, d’accord, je n’aurais
peut-être pas dû garder les munitions » (La guerre d’Algérie 54-62, Trésor du Patrimoine, volume 11).
En février 1964 il est condamné avec sursis mais il doit quitter l’armée.
Il entame alors une carrière civile dans une compagnie d’assistance au Tiers-Monde et il se consacre à l'écriture historique des
conflits auxquels il a participé. Écrivain, il est reconnu pour ses ouvrages relatifs en particulier aux troupes d'élite.
(1)Le cocasse se mêle parfois au tragique de la guerre : les fonds en numéraire emmenés d’Alger ayant tendance à fondre il fallut
improviser. Le chasseur André Sauli, sur une feuille de carnet, notait en haut « République française » puis au milieu « Bon pour
un mouton » et signait de son nom en bas à droite (Le 1er Bataillon de Choc, Raymond Muelle, Presses de la Cité, Paris, page 106).
(2)Hiver 1944.La bataille fait rage dans les Vosges. Les unités engagées, zouaves, tirailleurs marocains, légion
étrangère, spahis, commandos ont subi des pertes sévères.
Dans l’église du Haut du Tôt une cinquantaine de cadavres ont été regroupés. Et tous ne sont pas là.
Deux jours plus tard, un journal régional titrait : « Première neige sur les Vosges », et poursuivait dans l’article :
« Nos amateurs de ski vont bientôt pouvoir pratiquer leur sport favori ».
Avant leur prochain objectif, Belfort, les hommes épuisés ont apprécié…

Commandant Raymond Muelle
Général Jean-Louis Delayen,1ère promotion «Weygand-Médiouna»
Grand Croix de la Légion d'Honneur 19 Citations dont 11 palmes, 3 Blessures
Né le 16 mars 1921 à Saint-Raphaël.
Enfant, il séjourne au Maroc et en Indochine avec son père, un marsouin.
Elève au Prytanée Militaire de 1935à1940.
Il s'embarque pour l'Angleterre en juin 1940 et passe au Maroc où il s’engage au 6e RTS puis au
RICM (Régiment d’Infanterie de Chars de Marine).
Il sort aspirant de la première promotion « Weygand-Médiouna »
Débarquement de Provence, libération de TOULON et atteint le Rhin le 20 Novembre 1944 à ROSENAU. Le lendemain, il est grièvement
blessé à Battenheim.
Sous-lieutenant en Décembre 1944
Trois séjours en Indochine :
- Premier séjour, 1945 -1948 : lieutenant en 1946, chevalier de la Légion d’Honneur, il est blessé une seconde fois.
- Deuxième séjour, 1949-1952. : Il y forme le Commando du RICM, étant seul européen à la tête de 120 Vietnamiens. Il prend
le commandement du Commando 13.
- Troisième séjour, 1953-1955 : Toujours aux "Commandos Nord-Vietnam", à DAI-MO puis à HAIPHONG avec divers raids amphibies
sur les fleuves et sur les côtes .Regroupant les survivants des Commandos Nord-Vietnam, il forme le " l er Bataillon
d'Infanterie de Marine Vietnamien " à NHA-TRANG.
Il est promu Officier de la Légion d'Honneur en 1954.
Fin 1955 il rejoint l'Algérie au "Centre d'Instruction Amphibie" à ARZEW où il étudie les conditions locales du combat.
Puis appelé par le Capitaine de vaisseau PONCHARDIER pour être l'officier de liaison de la "Demi-brigade de Fusiliers - Marins"
à NEMOURS, près de la frontière du MAROC.
En 1956, il forme le "Commando Yatagan" administrativement désigné sous le titre de 80e GMPR (Groupe Mobile de Protection Rurale).
Le commando, implanté près de Beraoun, à 10 kms de Nemours, est composé de Musulmans de recrutement en majorité local encadrés par
les Fusiliers-Marins-Commandos.
Commandant en1958 et Commandeur de la Légion d'Honneur en1959
Puis il commande le G.C.C.A. (Groupement de Commandos de Chasse de l'Akfadou en grande Kabylie).
1962 à 1965, il est muté dans le Pacifique. : Commandant du Bataillon d’Infanterie de Marine de Tahiti.
1965 à 1972, lieutenant-colonel il reçoit sa première affectation en métropole à Lorient puis Brest.
C'est à la " Force Amphibie d'Intervention" basée à Lorient qu'il y dirige d'abord le "Centre d'Instruction Amphibie"
qui est chargé des opérations à l'État-major de l'Amiral
.
Durant cette affectation, il est envoyé en stage chez les Marines au " Command and Staff College " à QUANTICO, USA. II y passe une année.
1972, il part au Tchad (colonel) pour 6 ans comme conseiller du Général en chef Tchadien.
Grand Officier de la Légion d'Honneur en1975.
En 1977, promu général de Brigade, il quitte le Tchad.
A sa demande, il passe dans le Cadre de Réserve en Juin 1978.
Après 4 années passées à bord de sa péniche "le Jean Bart", amarrée près du pont de la Concorde à Paris, il réside aux USA
depuis 1982 pour élever son fils issu d'un mariage avec une citoyenne américaine.
Il est élevé à la dignité de Grand Croix de la Légion d'Honneur en 1996.
Le général de brigade Jean-Louis Delayen s'est éteint le jeudi 3 octobre 2002, chez lui aux États-Unis, à peine rentré de France.
Les obsèques se sont déroulées à Saint-Raphaël, en présence de nombreuses personnalités. Les honneurs militaires lui ont été rendus
sur le parvis de la cathédrale par un détachement en armes du 3° RAMA (3e Régiment d’Artillerie de Marine) ont chanté pour lui une
dernière fois Marie-Dominique suivant la volonté du défunt.
Le 6 juillet 2007 un hommage a été rendu à ce valeureux soldat par M. Claig Stapleton, ambassadeur des Etats-Unis.
Au nom des Marines américains, un diplôme et une plaque commémorative ont été remis à son fils
Guy Fougier, EOR du Peloton 16, 2e section (1954)
Avait été admis directement en qualité d’élève d’une grande école.
Né le 3 mars 1932 à Paris, licencié en droit et diplômé de l'ENA (promotion 18 juin).
Chef de cabinet du secrétaire général pour les Affaires algériennes en 1962, puis secrétaire général de la préfecture
du Lot-et-Garonne en 1966.
De 1966 à 1969, chef de cabinet de Jean-Marcel Jeanneney, ministre des Affaires sociales.
De 1977 à 1981, Secrétaire général de la préfecture de Paris.
Nommé commissaire de la République de la région Poitou-Charentes et préfet de la Vienne en août 1981.
Juin 1983, Préfet de Police de Paris
En mars 1984, dans un rapport au ministre de l’intérieur, Gaston Defferre, estimant la sécurité insuffisamment assurée
à Paris, il demande un renfort en effectifs. Le ministre refuse sa démission.
En mars 1986 il doit faire face à attentat terroriste sur les Champs-Elysées.
Mis en cause dans l'émission d'Antenne 2 «L'heure de vérité» par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Charles Pasqua,
il démissionne dès le lendemain le 3 juillet 1986.
Guy Fougier est ensuite président de la Mission interministérielle de lutte contre la toxicomanie.
Conseiller d'Etat honoraire, Secrétaire général de la Défense Nationale.
Décédé le 2 mai 2008, à l'âge de 76 ans.
Grand officier de la Légion d'honneur, Commandeur de l'ordre national du Mérite, Croix de la Valeur Militaire.
Charles Pellegrini, né en 1939, EMIC, peloton 102, promotion «Capitaine Claude Barrès »
Sa vocation était de devenir pilote de chasse, mais il fit un brillant parcours dans la police.
École des commissaires de police à Lyon.
Pour son premier poste, le commissaire Pellegrini fut affecté à Lyon, en pleine affaire du gang des Lyonnais qui va défrayer la chronique du grand banditisme.
En 1973, il participa à la création de l’Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB) en qualité de chef-adjoint, puis patron de 1981 à 1982.
Au début des années 1980, il participa à la création de la «cellule antiterroriste» de l’Élysée. Il fut simultanément détaché auprès des «services spéciaux» (DGSE)
Il relate dans ses mémoires,«Flic de conviction», les grandes étapes de son existence depuis ses engagements d’étudiant en passant par
l’Algérie, mai 68, Clairvaux, le gang des lyonnais, le Club Méditerranée de Corfou, les affaires de rapt, le grand banditisme, Jacques Mesrine, la lutte antiterroriste
et le monde secret du renseignement.
A partir de 1990, il dirige des sociétés privées de protection et d’investigation.
Aujourd’hui, il est à la tête de CPC, Charles Pellegrini Conseil, en tant que spécialiste en analyse de risques et en intelligence économique.
Passionné des choses de l’air, tout au long de sa vie il continuera de pratiquer l’aviation pour ses loisirs. Président depuis 5 ans de l’Aéro-club du Vexin.
Il a écrit plusieurs ouvrages :
- «Flic de conviction», Editions Anne Carrière, 2008
- «Demain la guerre civile», Edition N°1, 1991
- «le FIS en France, mythe ou réalité», Edition N°1, 1992
- «Cols blancs et mains sales», Grancher, 2003,
- «Banlieues en flammes», 2005, Editions Anne Carrière
- «La Sécurité n'existe pas», 2007, Editions Anne Carrière,
Il a aussi écrit des ouvrages techniques que le RAID.
Citation à l'ordre du Régiment ( 9e R.I.M.A.) comportant attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec étoile de bronze.
Site internet : interview de Charles Pellegrini sur France 3 Corse 2008-11-12 http://ma-tvideo.france3s.fr/video/iLyROoafYnQi.html
Jean Lartéguy, 3e promotion « Libération »
Né le 5 septembre 1920 à Maisons-Alfort, de son vrai nom Osty, Lucien, Pierre, Jean .
Ses années d'enfance sont vécues à Aumont-Aubrac (Lozère) d'où sa famille était originaire.
Neveu du chanoine Emile Osty qui a traduit la bible à partir des textes originaux.
Etudiant en lettres (histoire) à l’université de Toulouse. Après sa licence, il devient secrétaire de l’historien Joseph Calmette.
Lors de la Seconde Guerre mondiale il s’engagea dès le mois d’octobre 1939.
Elève aspirant de réserve en mai 1940, breveté chef de section deux mois plus tard. Ces débuts militaires furent interrompus par l’armistice.
En mars 1942, il décida de rejoindre la France libre en passant par l’Espagne où il fut interné pendant 9 mois.
Après les geôles espagnoles il arriva enfin à rejoindre Casablanca où il fut affecté au 4e régiment de tirailleurs sénégalais.
Dirigé vers l’école d’aspirants de Cherchell, il en sortit aspirant le 28 mars 1944.
Affecté au corps léger d’intervention, il demanda à intégrer les Commandos d’Afrique le 15 juillet 1944.
A partir de cette date, il participa à toutes les opérations de ce corps dans la section déminage et explosifs.
La guerre terminée, il est démobilisé en septembre 1945.
Il reçoit le titre d’interné résistant puis est promu sous-lieutenant en décembre 1945 et lieutenant de réserve quatre ans plus tard.
En 1950, il est admis à servir en situation d’activité au bataillon français de l’ONU en Corée. Blessé au cours de la bataille de Crèvecœur (septembre-octobre 1951) , il est démobilisé le 8 mai 1952.
Capitaine de réserve le 28 mars 1956.
Jean Lartéguy fut un grand reporter et correspondant de guerre depuis 1946, il reçut le prix Albert Londres en 1955, pour ses articles dans Paris-Presse sur la guerre d'Indochine.
Son œuvre comporte un soixantaine d’ouvrages. Parmi les plus connus : Les âmes errantes (1956), Les Mercenaires (1963), Les Centurions (1963), Les Prétoriens (1964), Les naufragés du soleil (1978-1982),
Son œuvre comporte également des essais inspirés de ses discussions avec les populations locales durant la décolonisation et en Amérique Latine, au cours des guérillas.
Jean Lartéguy a fait don de ses archives au SHD (Service Historique de la Défense) installé au fort de Vincennes.
Cité deux fois à l’ordre de la Brigade et une fois à l’ordre du Corps d’armée, Jean Lartéguy est décoré de la Croix de guerre 1939-1945, de la Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures, de la Croix de combattant volontaire 1939-1945 et de la Croix de
combattant volontaire « Corée ».
Il a également été élevé au rang de chevalier de la Légion d’honneur en 1956.
Lartéguy a été admis en juin 2005 à l'Institut National des Invalides (INI) à la suite d'un souci de santé.
Il y est décédé mercredi 23 février 2011.

Jean Lartéguy en 1971
Général Maurice BRENAC, 5e promotion « Rhin français » (décembre 1944-mai 1945)
Né le 24 juillet 1924 à Bayonne, est décédé le 20 février 2008 à Perpignan.
Ses états de service sont élogieux,ceux qui l'ont connu le décrivent comme l'un des «derniers centurions».
Il fut jeune officier aux Tirailleurs Algériens et Marocains avant de coiffer le béret rouge.
A servi en Indochine, plusieurs séjours, et en Algérie.
Il était ancien Président et Président d’Honneur de Bagheera, association des Anciens Paras du 11e choc.
Discret, il ne voulut pas d'éloge funèbre et, dans ses dernières volontés manuscrites, il demanda d’avertir
l’Amicale des Anciens de Cherchell-Médiouna.
Pour prise éventuelle de contact s’adresser au Lt-Colonel (H) Lucien Fekrane, nouveau Président de Bagheera :
LUBAGH@aol.com
Le colonel Maurice Brenac, Chef de Corps du 1er RCP,1970-1972
Camp Militaire Parachutiste d'Idron

Le Général Brenac recevant son cadeau, la miniature du drapeau de l'Amicale,
au départ de la présidence de BAGHEERA le 27 Octobre 2007
René-Victor PILHES, promotion 602
Né à Paris le 1er Juillet 1934.
Ancien publicitaire (Air France, Publicis) , romancier, auteur de plusieurs ouvrages dont deux ont été récompensés :
« La Rhubarbe » (Le Seuil), prix Médicis 1965
« L’imprécateur » (Le Seuil), prix Femina 1974
Le blog de René-Victor Pilhes :
http://renevictorpilhes.wordpress.com
Paul FAVRE-MIVILLE, EOR, peloton 001, promotion «Colonel Jeanpierre »
Né dans le Chablais, à Vinzier (Haute-Savoie-74) le 17 avril 1939.Appelé au service militaire en mai 1959.Elève Officier de Réserve
de septembre 1959 à février 1960. A la sortie de Cherchell il est affecté au 8e RPIMa.Il est sous-lieutenant chef de section à la 1re compagnie.
Philippeville, camp Pehaut, juin 1960 : à gauche sous-lieutenant Paul Favre-Miville, et
les sous-lieutenants Wintzeritz et Comesse
(Photo avec l'autorisation du responsable du site du 8e RPIMa l'adjudant-chef (r) Jean-Daniel Salles
Autorisarion uniquement pour le site emicherchell)
Voir également la photo de Noël 1959, ferme Brincourt, dans "Conditions de vie"
A son retour à la vie civile en 1961 il est artisan-plombier, sa formation d'origine.
Il est aussi conseiller municipal à Bonnevaux et pompier bénévole.
En 1984, à 45 ans, très croyant et pratiquant, il est saisi par une vocation religieuse tardive et entre à l'Abbaye de Tamié en Savoie.
En 1989, il décide de partir en Algérie « Ce n'était certainement pas un choix anodin car il y avait fait son service militaire qui l'avait marqué.
Il répétait qu'il voulait aller là-bas, car même si la vie à Tamié était rude, pour lui c'était encore trop luxueux à côté
de ce que peuvent vivre certaines personnes».(Témoignage de sa nièce).
Il rejoint la communauté de Tibéhirine, dans un monastère cistercien, fondé en 1938, Notre-Dame de l’Atlas, près de Médéa, à environ 90 km au sud d'Alger.
Les moines apportaient à la population voisine une aide médicale et se consacraient au travail de la terre.
Frère Paul était chargé du système d'irrigation du jardin-potager de cinq hectares que les moines partageaient sous forme de coopérative avec la population locale.
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En 1991, il avait prononcé des voeux de stabilité, signe de son engagement
à rester à vie en Algérie.
En mars 1996, frère Paul, après un court séjour en France ramenait du matériel de jardin et des pousses de hêtre.Et c'est quelques heures
après son retour à Tibéhirine que dans la nuit du 26 au 27 mars il fut enlevé avec six autres moines trappistes.
Leur assassinat fut annoncé le 21 mai 1996 par le GIA(Groupe Islamique Armé).
Le 30 mai le gouvernement algérien annonça la découverte des dépouilles des moines. En réalité seules les têtes ont été retrouvées.
Malgré la revendication du GIA, les circonstances exactes de la mort des moines ne sont pas connues. Plusieurs hypothèses s'affrontent et le mystère demeure.
A gauche : Les moines de Tibéhirine, frère Paul, agenouillé, au centre et son portrait à droite